LFTP - LE BLOG
DES ÉTUDIANTS

    Days are Dogs – Camille Henrot

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Soizic Billet   Une exposition sensorielle qui nous proposait une interprétation artistique des jours de la semaine, à la fois personnelle et très universelle. C’était ça le plus étonnant, de voir la proposition de camille Henrot du dimanche par exemple et de retrouver complètement dans son interprétation. Ce mélange à la fois du personnel et de l’universel était pour moi le plus troublant de cette exposition.
    74 comment | 19/03/2018

    En manque – Vincent Macaigne

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Mathilde Bellin Du 25 novembre au 22 décembre se jouaient, dans le cadre du festival d'Automne, deux spectacles de Vincent Macaigne : En manque à la Villette, une re-création tirée d'une sortie de résidence à la ménagerie de verre en 2012, et Je suis un pays, sous-titrée Comédie burlesque et tragique de notre jeunesse passée, une création au théâtre des Amandiers à Nanterre.
    0 comment | 08/02/2018

    The Show must go on – Jérôme Bel

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Camille Jouanest Le spectacle commence par l’arrivée d’un DJ. Il est seul et il commence à mettre un CD, le plateau reste vide tout le long du morceau. Fin du morceau, le DJ change de disque, et le plateau reste vide ! Quelques spectateurs chantonnent ! Les conventions sont modifiées, renversées avant que le spectacle ne commence. Dans la logique habituelle, au début d’un spectacle, la lumière de la salle se baisse et la lumière sur la scène arrive. Or, là, la scène reste noire. On entend seulement une musique Tonight de West Side Story. La musique provoque instantanément un effet de rassemblement d’une part, car tout le monde la connaît et d’autre part parce son titre Tonight, rappelle qu’on passe une soirée, ensemble, au théâtre, on se rappelle ce que c’est que le théâtre.
    0 comment | 18/01/2018

    Democracy in America – Romeo Castellucci

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Clément Duval   De la Démocratie en Amérique, œuvre majeure écrite par Alexis de Tocqueville en 1835, est une analyse profonde du système démocratique américain à travers, notamment, le prisme de la quête perpétuelle de libertés plus grandes. Romeo Castellucci a décidé de s’inspirer de cet ouvrage pour concevoir son dernier spectacle Democracy in America. Castellucci convoque alors deux axes déterminants dans l’élaboration de la démocratique américaine : l’entrave que peut être la religion face à la démocratie et, la violence sous toutes ses formes, creuset de l’élaboration de ce système politique.
    0 comment | 05/12/2017

    Trois Soeurs – Timofeï Kouliabine

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Metteur en scène russe, pièce russe, acteurs russes et langue — des signes — russe. Spectacle totalement muet (à l’exception du personnage de Féraponte, le gardien). Fratrie muette pour une intensité démultipliée.
    0 comment | 03/11/2017
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    Gala-Jérôme Bel

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Des danseurs amateurs au plateau pour questionner les hiérarchies en art et reposer le problème de « l’égalité des intelligences » de Jacques Rancière dans Le maître ignorant. Fondement : le désir de se produire, plus que celui de bien danser. Être devant une assemblée dans un gala de danse, idée du spectacle professionnel pour les amateurs.
    0 comment | 30/10/2017

    La mort de Tintagiles – Géraldine Martineau

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Ivan Márquez Comment transmettre la puissance d’un symbole tout en laissant place à la pièce? Par quels choix de mise en scène l’on crée ces symboles scéniques ? Au théâtre de la Tempête se joue La mort de Tintagiles, pièce originellement pour marionnettes écrite par Maurice Maeterlinck en 1894 et mise en scène par Géraldine Martineau. C’est l’une des dernières « pièces pour l’âme » de l’auteur belge.
    0 comment | 28/10/2017
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    Concert de Magma à l’Olympia

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Camille Jouannest Fondé en 1969, le groupe Magma fêtait ses 48 ans de carrière à l’Olympia (le 2 et 3 février 2017), accompagné par le Mëtalïk Orkestraah, une formation de trente musiciens de l'école de Didier Lockwood (anciennement violoniste de Magma) et du Pôle supérieur de musique de Paris.
    520 comment | 04/03/2017
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    Le vivier des noms – Valère Novarina

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Que le langage soit. Soit dit. Action de parole, et de toute façon on sait ce qu’on va voir quand le nom de Novarina occupe les places de l’auteur et du metteur en scène. Parce que vous n’en croirez pas vos bouches, il faut qu’un tel texte soit dit pour vivre, par le résonateur vivant de l’acteur.
    0 comment | 04/03/2017
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    Orfeo – Je suis mort en Arcadie – Achache/Candel/Hubert

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Camille Jouannest L’Orfeo est considéré comme l'un des premiers opéras de l’histoire de la musique. Basé sur le mythe d'Orphée et Eurydice où le héros grec essaye de sauver sa femme des Enfers, l'opéra est composé d'un prologue et de cinq actes. Le prologue explique le pouvoir de la musique et particulièrement le pouvoir d'Orphée dont la voix était si belle qu'elle réussissait à émouvoir les dieux, charmer les hommes et les animaux. Au moment du mariage, Orphée apprend qu'Eurydice est morte, mordue par un serpent ; il décide d'aller aux Enfers pour la sauver en chantant son amour et la fragilité du bonheur : « Tu se’ morta, mia vita, ed io respiro ? » (Tu es morte, ma vie, et je respire encore ?).
    0 comment | 23/02/2017
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    Une chambre en Inde – Ariane Mnouchkine / Théâtre du Soleil

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Elsa Toro Pour sa nouvelle création au Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine nous transporte en Inde, dans une chambre à coucher à Pondichéry. L’héroïne, Cornélia, en chemise de nuit, est terrassée par l’angoisse : assistante du grand metteur en scène Constantin Lear, qui, fou, s’est enfui, elle doit, seule, monter un spectacle qu’attendent impatiemment les représentants de l’Alliance Française, sous peine de rembourser leur généreuse subvention. En proie au doute, elle reçoit les visites, tantôt bienheureuses tantôt cauchemardesques de nombreuses figures théâtrales du monde ainsi que des conflits qui agitent la planète.
    0 comment | 20/02/2017
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    Jeanne au bûcher – Castellucci

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Hubert Girard En s’attaquant à l’oratorio de Claudel, mis en musique par Honneger, Romeo Castellucci le rend finalement plus mystique que son sujet... C’est une Jeanne entre l’homme et la femme, entre la sorcière et la vierge, la sainte et l’hystérique qui se présente au tribunal qui la condamne hypocritement. Le rideau s’ouvre sur une salle de classe des années 50, et un groupe de filles en uniforme. Un homme vient, après leur sortie, nettoyer les tables et ranger dans un silence pesant les boulettes de papier et les chaises déplacées. Il semble porter, dans une solitude désespérée, le poids du monde. Mais un néon défaille et grésille, et avec lui cet homme / Jeanne. Le / la voilà renversant violemment les tables et les chaises, déchirant les affiches, balançant par terre le tableau noir, bouleversant l’espace comme on imagine la petite Jeanne de treize ans qui entend pour la première fois des Voix d’en-haut l’incitant à sauver la France...
    0 comment | 05/02/2017
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    DJ set (sur)écoute et Shock Corridor : Mathieu Bauer et le rythme du théâtre

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. »

    Par Ivan Márquez

    Directeur du Centre Dramatique National de Montreuil depuis 2012, Mathieu Bauer présente en cette saison 2016-2017 deux créations qui continuent son travail d’exploration autour du pouvoir narratif du théâtre et de la musique. D’une part, le spectacle DJ Set (sur)écoute a été présenté pour la première fois en décembre 2016 dans le cadre du festival Mesure pour Mesure dédié au théâtre musical. Sorte de concert-conférence théâtralisée, ce spectacle adresse de grandes questions philosophiques, sociales et artistiques sur la musique et sur l’écoute au sens large. En puisant dans des textes théoriques et poétiques d’auteurs aussi variés que Peter Sandy, T. A. Adorno, Nietzche, ou Luigi Russolo ; et des références musicales allant de Purcell à Stromae, Mathieu Bauer poursuit son travail entamé avec Please Kill Me et The Haunting Melody : celui de faire de la musique le protagoniste et de lui donner une consistance scénique.

    0 comment | 26/01/2017
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    L’hôte – Zero Visibility Corp. / Ina Christel Johannessen

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton « Les villes y naissaient, brillaient, puis disparaissaient ; les hommes y passaient, s'aimaient ou se mordaient à la gorge, puis mouraient. Dans ce désert, personne, ni lui ni son hôte n'étaient rien. Et pourtant, hors de ce désert, ni l'un ni l'autre, Daru le savait, n'auraient pu vivre vraiment. » écrit Camus dans la nouvelle éponyme de ce spectacle, par la compagnie norvégienne déjà riche d’un catalogue d’une vingtaine de performances, dirigées par la chorégraphe Ina Christel Johannessen. Voilà qui donne le ton pour une prestation pour 10 danseurs qui prend à la fulgurance sa luminosité, sa violence et son insaisissabilité. À l’instar de la fuite opérée par Daru, loin des questions morales et politiques que soulève l’accueil de cet hôte imposé, les danseurs fuient leur propre corps, leur propre espace, veulent à tout prix mettre en questionnement leur contour : où s’arrête mon corps, où commence celui de l’autre ? Peut-on nier l’existence de l’autre ? Peut-on nier sa propre existence corporelle dans l’espace extérieur qui est aussi l’espace intérieur ? Comment s’étendre et vibrer autrement que par une définition statique, anatomique, encéphalique ? Repenser une topologie non plus tridimensionnelle mais cinétique, kinétique diront les danseurs, abolir les frontières en prenant cruellement conscience de leur existence.
    0 comment | 20/12/2016
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    Exposition MMM – Matthieu Chedid X Martin Parr

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Amandine Fluet Commandée en 2015 par les Rencontres d'Arles, l'exposition bénéficie d'une seconde vie à la Philarmonie de Paris. A peine entrés, on plonge dans un grand bain pop entremêlant les photographies  de Martin Parr, photographe britannique renommé, et des compositions musicales de Matthieu Chedid, a priori moins renommé, puisque le premier ne connaissait pas le second avant cette collaboration. Matthieu Chedid a choisi 500 photographies dans le fonds que Martin Parr lui a mis à disposition, regroupées par obsessions du photographe (appareils photos, coiffes, animaux, textes...), projetées en vidéos, ou exposées directement, et déclinées en neuf pistes sonores, dans laquelle un instrument différent a la part belle. Chaque instrument est inscrit au mur et correspond à un pan de "l'âme de l'artiste" : le piano pour le "climat classique", la guitare pour le "côté punk", le zheng pour l'exotisme, le synthétiseur pour le "mauvais goût ultime".
    0 comment | 14/12/2016
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    Timon/Titus – David Czesienski / Collectif OS’O

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton   Timon d’Athènes et Titus Andronicus sont des tragédies de Shakespeare que personne n’a lues, comme ne manque-t-on pas de nous le rappeler en introduction, avec un résumé pour le moins difficile à ingérer de la seconde, la première étant exploitée plus tard. Un mot, d’abord, de la dramaturgie, surprenante et vive. Le spectacle traite de la question de la dette, qu’elle soit matérielle ou morale, individuelle ou collective, à l’aide d’un débat assumé comme public entre des personnes non précisées mais dont les opinions politiques sont rapidement identifiables, entrecoupé d’une histoire familiale macabre d’héritage : quatre enfants se retrouvent dans le château familial pour ouvrir le testament de leur père, mais les choses tournent mal lorsque ses deux enfants cachés viennent d’une part réveiller les tensions internes à la fratrie, et d’autre part contrarier la succession.
    0 comment | 14/12/2016
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    Wycinka Holzfällen (Des arbres à abattre) – Krystian Lupa.

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton   « Pendant toute la durée d’un long souper, nous nous retrouvons assis en compagnie d’un tel épouvantail de l’art viennois, en compagnie d’un de ces pseudo-artistes pervers, comme nous en rencontrons encore et encore par centaines dans cette ville, et comme nous en connaissons par centaines ». Voilà une description, par Thomas Bernhard lui-même dans son roman, tout à fait exacte de ce qui est proposé au public par Krystian Lupa dans la mise en scène de ce texte. On ne se rend compte qu’au bout de plus de quatre heures de spectacle de ce que l’on vient de vivre : l’une des soirées les plus ennuyeuses à laquelle on se soit jamais rendu.
    0 comment | 14/12/2016
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    L’opéra de quat’sous – Wilson/Berliner Ensemble

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Ivan Marquez L’histoire et le répertoire du Berliner Ensemble ne peuvent être dissociés de l’œuvre de Brecht. Le dramaturge, metteur en scène et théoricien de théâtre le plus important du XXème siècle en Allemagne a créé cette troupe pour mettre en avant sa vision engagée de l’art. En 1928, vingt ans avant la fondation officielle de la troupe, Brecht créa L’opéra de Quat’ Sous au Theater am Schiffbauerdamm (l’actuelle salle du Berliner Ensemble). Monter cette pièce emblématique avec le Berliner Ensemble au XXIème siècle implique une charge et une responsabilité artistique et historique indéniables. Cette responsabilité fut confiée en 2009 à Robert Wilson. Ceci est le fruit d’une collaboration entre Wilson et le Berliner Ensemble qui date depuis 1998 et qui n’a cessé de s’intensifier. Cette mise en scène permet à la troupe berlinoise de se réinventer et de se moderniser, tout en restant au plus proche des valeurs artistiques qui la fondent. Roger Planchon disait d’ailleurs qu’« après Brecht, l’œuvre la plus impressionnante est celle de Robert Wilson […] Il prouve qu’on peut faire des images qui ne soient pas ridicules par rapport à la peinture».
    0 comment | 14/12/2016
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    Le Cahier noir – Olivier Py

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Érotiser le monde pour échapper à son assommante trivialité, à sa laideur et pour le transcender, ou davantage se transcender. C'est ainsi qu'Olivier Py motive son texte, écrit à 17 ans. Pris en comparaison d'autres dispositifs scéniques du metteur en scène, celui-ci fait mouche par sa simplicité : une faible jauge, du mobilier noir générique tel qu'on le trouve dans n'importe quelle salle de répétition, des rangées de projecteurs baignant le plateau dans une lumière blanche, et trois acteurs, dont un jouant Olivier Py, personnage principal de son propre roman. Des deux autres, l'un joue les fantasmes amoureux de Py à cet âge dans cette petite ville de province : un ami des parents, motard veuf, le "Prince" trouvé dans les égouts, et un architecte dominateur. Le deuxième joue l'ami de Py, celui qu'il trouve toujours si désespérément bas de plafond, grenouille de bénitier amoureuse d'Olivier. C'est précisément pour cela qu'Olivier ne désire entretenir aucune relation d'aucune sorte avec lui. Convaincu, sans que cela soit un instant un objet de doute, de sa supériorité intellectuelle sur quiconque il rencontre, et plus encore de sa mission d'évangélisation à la poésie, Olivier cherche avidement celui qui lui infligera la domination physique, l'humiliation, la souillure, ce qui le dessaisira de sa responsabilité, en somme. Le projet apparaît bien davantage comme un projet littéraire que théâtral, bien qu'il ne manque pas de comique, si l'on est sensible à la sophistication intellectuelle de l'auteur, aux blagues qu'il se fait à lui-même (comparer le motard prostré à un antique), et à la visite des arcanes de son esprit, dans lequel il nous invite d'une manière très maîtrisée. On n'assiste pas, en effet, à un déversoir sentimentaliste. Le cahier noir de Py ne se rapproche en cela pas d'un journal intime. Py ne s'épanche pas, il s'adresse très directement au spectateur comme pour faire un étalage de son intelligence, une démonstration qu'il ne peut pas faire oralement au moment où il écrit, mais qui attendra patiemment d'avoir un public digne d'elle. Concernant l'acteur qui porte ce texte - Émilien Diard-Detoeuf - il est à la mesure du maniérisme de l'écriture : intelligent, subtil, supérieur, ne s'abandonnant jamais vraiment parce qu'il a décidé de ne nous montrer qu'un pan très précis de lui-même. En outre, les moments de fantasmes sont joués mais toujours de cette façon intellectualisée. En cela, on ne voit jamais vraiment Olivier s'abandonner à ses fantasmes, comme s'il avait à chaque instant pleine conscience et emprise sur lui-même. Une ironie qui peut agacer si on se sent visé ou frustré si on attendait un peu plus d'émotion, mais qui autrement ne perd rien de la portée du texte, qui reste très narcissique.
    0 comment | 28/11/2016
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    The fountainhead – Ivo van Hove

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton   Adaptation du roman éponyme d'Ayn Rand, publié en 1943, cette mise en scène du metteur en scène des Damnés (en ce moment à la Comédie-Française), adopte une esthétique très réaliste, au sens où on ne voyage pas beaucoup. Comme le souligne van Hove, le rapport avec le public est très classique, bien que la scénographie soit, sur un certain nombre de points, originale. Notamment, la régie est sur scène, dans une verrière à jardin, et tout le fond de scène est occupé par la production musicale :  percussions en tous genres, claviers, oscilloscopes, et autres générateurs d'ondes sinusoïdales. Le reste de la scène est utilisé avec parcimonie. : une table d'architecte par-ci, un bureau de rédaction par-là, un drap sur le sol pour représenter le lit. Les acteurs sont hollandais, l'intrigue est américaine et prend place dans les années 20 à New York. La mise en scène conserve la division du roman en quatre parties, qui prennent les différents moments de la vie de l'architecte (imaginaire) Howard Roark, individualiste égoïste génial. Il ne veut travailler avec personne qui le contraigne à des compromis, ou qui fasse lui-même des compromis, ou qui n'ait pas en lui-même un idéal d'absolutisme fasciste concernant la création architecturale. Le traitement des différentes situations est très conventionnel : pendant quatre heures, les scènes dialoguées s'enchaînent et se ressemblent, et le jeu cinéma permis par l'équipement de tous les acteurs de micros n'aide en rien à faire décoller les intrigues amoureuses redondantes et fort peu passionnantes qui ne manquent pas de faire penser à des sitcoms américaines : l'espèce de fausse clairvoyance de chacun, la pseudo-maîtrise des situations par un usage raffiné de la parole n'impressionnent absolument pas. Pourtant, les acteurs font ce qu'ils peuvent. Mais rien à faire. Même la scénographie pour le moins dispendieuse peine à créer des images suffisamment fortes pour le spectateur, tant on n'a l'impression que plus aucune limite technique n'existe, et l'apparition d'une presse d'imprimerie de journaux sur la scène est à peine remarquée. On comprend lorsque van Hove précise qu'il monte cette pièce principalement pour la question éthique et morale derrière le personnage d'Howard Roark, et son acte final de destruction. Ayn Rand est à l'origine du courant philosophique qu'elle a appelé objectivisme, et qui vise à considérer que "l'ego de l'homme est la source vive du progrès humain". De là le traitement des personnages faisant des compromis comme faibles, hypocrites, lâches, colériques, et à l'inverse la glorification d'Howard Roark comme un être posé, indépendant, créateur pur sans lequel le monde ne pourrait avancer, ce qui justifie la destruction d'un projet de logements sociaux voire le viol d'une femme. En cela, oui, le projet d'Ivo van Hove est intéressant : il nourrit la réflexion sur le sujet du créateur, notamment lorsque l'œuvre en question est liée aux besoins humains fondamentaux (comme se loger). Cela tend à entrer en résonance avec la création artistique, tout autant déterminée par les intérêts économiques, mais moins par les question vitales qui touchent de près les citoyens : manger, dormir, aimer. L'artiste doit-il accepter complètement la solitude et rejeter quiconque tente de le faire dévier de son projet, ou se doit-il de construire sa pensée en se mêlant à la société dont il fait partie, ne recherchant pas la beauté dans l'absolu de la matière, mais dans la variabilité et l'impermanence qui sont principes de l'humain et de son organisation en  société ? A l'endroit de la réflexion personnelle que constitue l'instant présent, je crois fermement, parce que nous cherchons si ardemment à être au monde, que notre travail est travail d'observation, d'amour et de témoignage de ce qui nous est extérieur.
    0 comment | 28/11/2016
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    A floresta que anda – Christiane Jatahy

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Elsa Toro   Après « Julia » (d’après mademoiselle julie de Strindberg) en 2014 au 104 et « What if they went to Moscow » l’an dernier à la Colline, Christiane Jatahy clôt sa trilogie avec cette échapée dans l’univers de MacBeth. Conçu comme un vernissage d’art contemporain, le public est invité à déambuler entre les installations vidéos donnant la parole à de jeunes brésiliens victimes de violences policières et y croise Julia Bernat la comédienne fétiche de Jatahy, très jeune Lady macbeth qui semble déjà aux prises avec la folie.
    0 comment | 21/11/2016
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    And so you see… – Robyn Orlin

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Le requiem de Mozart à fond dans des enceintes sous-dimensionnées, une forme vivante emballée dans un drap, qui tourne le dos au public, une caméra qui filme la forme et a dans son champ quelques spectateurs du premier rang, image rediffusée en direct en fond de scène. Autrement, un fauteuil (sur lequel est la forme), une parure rutilante adossée au dossier qui nous fait face, et le caméraman. Le dispositif de And so you see…, performance du danseur Albert Ibokwe Khoza sur une proposition de Robyn Orlin, nous invite d’emblée à questionner notre rapport à la médiatisation. Que doit-on regarder pendant cette performance ? Le dos du danseur en vrai, ou sa face, qui est aussi notre face, retransmise ?
    0 comment | 20/11/2016
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    Vania – Julie Deliquet/Comédie-Française

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Vincent Breton Julie Deliquet, fondatrice du collectif In Vitro, s’empare d’Oncle Vania — et des comédiens-français — pour en offrir une réécriture cherchant à « retirer ce qui pouvait nous ramener trop directement à la Russie et nuire à une certaine forme d’universalité. » Les quatre mouvements de la pièces sont rapportés en un lieu unique, la salle à manger de la propriété de Vania, lieu de vie de famille plus que jamais, qui voit se nouer les tensions et les drames personnels entre les différents duos de la pièce : Sonia et le médecin Astrov ; Astrov et Elena, femme du professeur Alexandre, père de Sonia ; Elena et sa belle-fille Sonia ; Elena et son mari Alexandre ; Alexandre et son beau-frère Vania, Vania et Elena, et enfin Vania et sa mère, Maria. Chacune de ces relations est exploitée à fond, en donnant à chaque situation l’espace d’une parole plus libre et spontanée, dont on sent qu’elle s’est construite, d’après la méthode chère au collectif In Vitro, à partir d’improvisation, dans laquelle le texte original a ensuite été injecté. En sont créées des scènes familiales d’une densité palpable pour le spectateur qui peut se nourrir de chaque acteur présent au plateau : chacun interagit avec la situation, sans commentaire mais de manière propre à faire exister à tout instant les tensions et les enjeux.
    0 comment | 14/11/2016
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    Une maison de poupée – Lorraine de Sagazan Cie La Brèche

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Camille Jouannest Pour que la pièce résonne avec notre époque, la metteuse en scène Lorraine de Sagazan a choisi d’inverser les rôles de la femme Nora et de son mari Torvald. La version de Ibsen illustre le contraste entre la sphère privée, traditionnellement attribuée à la femme, et la sphère publique, celle du travail et du devoir, attribuée à l’homme. Dans cette création, c’est Nora qui représente la figure dominante, une femme ambitieuse, pour qui le travail est une source principale de fierté et d’épanouissement ; tandis que Torvald tient la casquette de l’homme au foyer, sans emploi depuis deux ans, profitant de la réussite professionnelle de sa femme, on le voit virevolter chez lui en jogging entre sa guitare et des verres de vin, en opposition avec Nora, hyper active, élégante et soignée. Par ce renversement, la metteure en scène souhaite créer de nouveau le choc ressenti par les spectateurs d’Ibsen et permettre une véritable réflexion sur notre liberté, la difficulté à faire des choix pleinement assumés, l’injustice et la violence des nouveaux cadres qui nous étouffent encore et toujours.
    0 comment | 25/10/2016
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    2666 – Julien Gosselin

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Amandine Fluet  

    "Nous sommes théâtre, nous sommes musique." 2666, Roberto Bolano, traduction Robert Amutio

    Julien Gosselin, avec la compagnie "Si vous pouviez lécher mon cœur", issue en partie de la promotion 2009 de l'école du Théâtre du Nord, s'attaque à l'adaptation de 2666, récit fleuve du chilien Roberto Bolano, écrit en 2004.  Cette œuvre de plus de 1350 pages (en version poche !) est considérée comme un des grands romans de notre début de XXIème siècle.

    "Même les pharmaciens cultivés ne se risquent plus aux grandes œuvres, imparfaites, torrentielles, celles qui ouvrent des chemins dans l'inconnu. Ils choisissent les exercices parfaits des grands maîtres. Ou ce qui revient au même : ils veulent voir les grands maîtres dans des séances d'escrime d'entraînement, mais ne veulent rien savoir des vrais combats, où les grands maîtres luttent contre ça, ce ça qui nous terrifie tous, ce ça qui effraie et charge cornes baissées, et il y a du sang et des blessures mortelles et de la puanteur." 2666, Roberto Bolano, traduction Robert Amutio

    0 comment | 22/09/2016
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    Je suis Fassbinder – Falk Richter

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Amandine Fluet   Comment parler de l'actualité en une Europe de temps troubles quand on est artiste. Est-ce son rôle? Jusqu'où aller ? C'est ce à quoi se sont attelés les deux metteurs en scène Falk Richter, également auteur, et Stanislas Nordey, par ailleurs interprète de Rainer (Fassbinder)/Stan (lui-même), avec une traduction au jour le jour de Anne Monfort lors de l'écriture. Cette pièce nous offre une mise en abyme vertigineuse avec l'Europe des années 70 du cinéaste Fassbinder. Une des sources d'inspiration principale est L'Allemagne en automne, tourné en 1977, alors que l'Allemagne est déstabilisée par le terrorisme de la bande Baader-Meinhof, et dans lequel Fassbinder filme une discussion de lui-même avec sa mère, arrivant à lui faire dire la pensée qui affleure à l'époque, celle qu'il faudrait remplacer la démocratie par un Führer, mais gentil.
    0 comment | 20/05/2016
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    What if they went to Moscow ? – Christiane Jatahy

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Elsa Toro « Irina. -  Ce jour, 1er Mars 2016, au Théâtre National de la Colline, à 20h30, nous voudrions parler du désir de changer et de la difficulté de changer. Olga. – Comme si nous étions au bord du plongeoir. En bas, l’eau bleue, cristalline et brillante, et derrière nous le passé en rang nous poussant en avant et à la fois retenant le saut…. Après ce saut, le long moment en l’air et les minutes qui semblent éternelles…  Parce que changer c’est mourir un peu. Nous ne serons plus jamais les mêmes… Ceci n’est peut-être pas une pièce. Peut-être pas un film non plus. Ou peut-être les deux à la fois. C’est dans cet « entre-deux », que nous essaierons de nous réinventer. Irina. – vous êtes là, regardant ce film en train de se faire, comme si vous étiez le revers de la médaille. Nous sommes deux espaces virtuels et réels à la fois. L’un est l’utopie de l’autre. Olga. – Pour eux, nous sommes le futur mais quand ils nous voient nous sommes déjà le passé. C’est cette ligne ténue, appelée présent, que nous allons essayer de franchir. … mais … qu’est ce exactement que le « passé » ? Ce qui est passé ? Parfois, il est plus réel que le présent, qui obtient seulement du poids par la mémoire… »
    0 comment | 25/03/2016

    Rencontre avec les comédiens de « Ca ira » de Joël Pommerat : Maxime Tshibangu et Bogdan Zamfir

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Rencontre du 7 décembre 2015 au LFTP Par Elsa Toro   Maxime , la quarantaine, est issu de la classe libre du cours Florent ; au fil des rencontres il en est venu à travailler avec Joël Pommerat (depuis la pièce La Réunification des deux Corée). Bogdan a 29 ans, il est roumain. Il a fait une licence de français/Tchèque puis est venu en France pour faire un Master de Tchèque, et de la traduction. Il commence le théâtre dans un cadre universitaire, écrit une thèse sur  la problématique de l’immigration dans le théâtre. Puis il entre à l’Ecole Supérieure d’Acteurs de Liège, et rencontre Joël Pommerat dans le cadre de l’école. Pour ce spectacle, Joël Pommerat a fait plusieurs stages d’un mois avec des comédiens afin de défricher la matière et éventuellement trouver des comédiens. En tout, trois stages on été conduits, deux à Nanterre et un à liège, à l’ESA, 6 comédiens sont issus de ces stages, dont Bogdan, qui est actuellement encore en école. Ces stages visent à perfectionner une méthode, un système de questionnement de la matière. 
    0 comment | 25/03/2016
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    Les Français – Krzysztof Warlikowski

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Pauline Remond Entre Marcel Proust et Phèdre, « je sentis tout mon corps et transir et brûler ». Pendant près de 5h. Loin de la petite  madeleine et des jeunes filles en fleurs, Warlikowski nous propose un plongeon dans les fantasmes mêlés de l’auteur et du metteur en scène. Décadence, fuite du temps, antisémitisme, homosexualité sont les thèmes principaux abordés ici. Face à ce magma percutant qui absorbe la salle – comédiens/ performers comme spectateurs – dans une sorte de transe collective, se pose la question de la place du théâtre et de l’Art dans une société du début du XXe siècle.  
    0 comment | 29/02/2016
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    Fugue – Samuel Achache collectif La Vie brève

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Amandine Fluet

    Nous voilà au pôle Sud, la scène est maculée de "neige", y avancer requiert  beaucoup d'énergie, l'équipe d'explorateurs à la recherche d'un lac enseveli est emmitouflée, et la lumière est éclatante. 

    Le décor, une cahute emplie de bric-à-brac d'objets du quotidien et d'instruments de musique, est concentré à cour, donnant une impression d'espace vaste voire infini autour.  

    319 comment | 08/02/2016
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    Belle d’hier – Phia Ménard Cie Non Nova

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Sara Baudry C'est dans cette grande salle du théâtre de la ville que j'ai découvert Belle d'hier. On entre face à un énorme bloc doré, à moins qu'il ne s'agisse d'une surface, nous n'avons pas une lecture claire de ce volume, en milieu de plateau qui prend toute sa hauteur et toute sa largeur. Ce qui s'avère finalement n'être qu 'une surface se lève progressivement, laissant apparaître un volume pavé de 3 mètres de haut qui prend lui aussi toute la largeur de la scène. Nous percevons l'intérieur par trois grandes baies carrées. Les vitres sont embuées, derrière dans un espèce de brouillard des formes s'agitent, personnages en combinaison et gigantesques mannequins manipulés. 
    0 comment | 05/02/2016
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    The ventriloquists Convention – Gisèle Vienne, Dennis Cooper et Puppentheater Halle

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice») en formation au LFTP. » Par Maud Buckenmeyer The Ventriloquists Convention par Gisèle Vienne est une reproduction fictive de la grande rencontre annuelle des ventriloques dans le Kentucky (USA). Cette pièce peut paraître étonnante parmi l’ensemble des créations de Gisèle Vienne, créatrice franco-autrichienne à la fois chorégraphe, metteuse en scène, plasticienne mêlant la création de marionnettes, et dont l’univers aborde très souvent des sujets tels que la mort, le suicide ou l’étrangeté de comportements sexuels. Sauf qu’ici, au sein même d’une scénographie minimaliste et statique sous une unique lumière blanche durant tout le long, espace recréant la salle de rencontre de cette convention, l’artiste parvient à suggérer des interrogations déroutantes.
    0 comment | 05/02/2016
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    Retour à Berratham – Angelin Preljocaj

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice ») en formation au LFTP. Par Romain Gneouchev Des corps criblés de balles face à des mots sans impact. Après l’avoir présenté dans la Cour d’honneur de la cité des Papes, Angelin Preljocaj reprend sa dernière création Retour à Berratham Salle Jean Vilar à Chaillot. « Un jeune homme revient à Berratham. Il avait quitté cet endroit juste avant la guerre, il avait laissé Katja derrière lui. Il n'a qu'une obsession : tenir sa promesse en la retrouvant. Là, il ne reconnaît plus les lieux de son enfance, dévastés, ni les gens qui y vivent encore, livrés à eux-mêmes… »
    0 comment | 14/10/2015
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    LEGACY – Nadia Beugré

      « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice ») en formation au LFTP. Par Rémy Bouchinet Il y a quelque chose de beau dans ces femmes aux seins nus qui courent, immobiles, et d’entendre dans le silence, la respiration du groupe ainsi que les pieds qui foulent le sol. Quarante minutes sur le plateau durant lesquelles l’individualité de chacune s’exprime brièvement à travers un soli. Dans cette course il y a l’effort, le courage qu’il faut pour être acteur quand ce n’est pas son métier : aller au plateau inexpérimenté, faire face au spectateur dans une fragilité liée au corps, à la nudité, à la course, à la performance physique et artistique. C’est que Nadia Beugré, dans son spectacle Legacy traite de la liberté. « Comment peut-on accroître sa propre liberté
    0 comment | 14/10/2015
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    « Tragédie » d’ Olivier Dubois

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice »). par Alice de Coccola « Tragédie » d’ Olivier Dubois présenté au 104 du 2 au 4 février est une pièce brutale, hypnotique. Un manifeste politique et poétique. Qu’est-ce qu’une humanité ? Qu’est-ce que ce vivre ensemble ? Comment donner une sensation d’humanité, plutôt que donner à voir l’humanité ? Questions et recherche fondatrices de ce manifeste chorégraphique. Un poème écrit pour 18 danseurs nus, 9 hommes et 9 femmes. Ils se présentent sur un plateau nu au rythme lancinant des battements de tambour, qui déploient dans l’espace sonore un climat lourd et menaçant. 3 temps, 3 mouvements rythment la pièce et suivent le Chorus de la tragédie grecque.
    1 784 comment | 20/02/2013

    R & J Tragedy

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice »). par Paul Francesconi   R and J Tragedy Je n'avais jamais vu un spectacle de Jean Michel Rabeux. C'est pourtant un nom que l'on entend  souvent, ici à Paris. Avec en plus, une pièce qui a été montée si souvent. J'avais donc un peu d'appréhension: un metteur-en-scène connu que je ne connais pas, une pièce de Shakespeare très connue que j'ai vu souvent mais que je ne connais finalement pas vraiment... Difficile d'arriver serein dans l'arène. Monter cette pièce est souvent un énorme risque. Cette version, rebaptisée RandJ Tragedy, arelevé le défi. Rabeux a-t-il survécu à Roméo et Juliette? Verdict (humble verdict).
    0 comment | 14/02/2013
    spectacle est ou ouest, proces d intention 080512

    Est ou ouest, procès d’intention

    « Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d’acteurs (jeunes créateurs en « exercice ») et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en « exercice »). Par martin Jaspar   Pièce politique, esthétique circassienne, dramaturgie de l’agit-prop, théâtre documentaire, Est ou Ouest Procès d’intention est un objet de scène non identifié, mais terriblement efficace.
    0 comment | 27/12/2012
    etant-donnes

    Étant donnés : Markus Öhrn

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). par Aurore Migeon Etant Donnés, texte : Jan Fabre, mise en scène : Markus Öhrn. « Contrairement aux autres statues, les poupées sont toujours là pour se faire violer. »
    1 713 comment | 11/12/2012
    32. ZŸrcher Theater Spektakel 2011

    She She Pop

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice").   par Elsa Dupuy Qu’est-ce qu’un acteur au plateau ? Que signifie aujourd’hui s’emparer d’un grand texte ? C’est avec ces questions que l’on sort de la représentation de Testament, variation/performance autour du Roi Lear de Shakespeare, présentée au Théâtre des Abbesses par le collectif allemand She She pop.
    0 comment | 05/12/2012
    maguymarin

    Ça quand même Maguy Marin me fait faire du Chemin

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). par Julia Lacoste Ce soir, Maguy Marin m'a arraché des larmes. Dans "ça, quand même" créé en 2004 à l'occasion du mouvement des intermittents, repris aujourd'hui dans le cadre du Festival d'automne au Théâtre de la Cité Universitaire, elle livre en duo sur scène avec Denis Mariotte, une réflexion sans fard sur l'artiste en création : les doutes, la pression face aux attentes de ceux qui financent le projet, sous-jacent toujours celles des spectateurs, la souffrance d'être placée dans un rapport marchand avec le public, une relation client/producteur où le client achète un produit (il veut voir de la "danse") et n'a pas ce pour quoi il a payé.
    0 comment | 29/11/2012
    villa+discurso

    Retour sur spectacle : Villa+Discurso

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). par Paul Francesconi Le terme de "théâtre politique" laisse perplexe. À la fois engageant, il laisse entendre une douce impression de redondance. En effet, pourquoi aurait-on besoin de rajouter "politique" au théâtre, qui l'est déjà au fond de lui, par essence, miroir de la société et de ses mouvements, de ses rapports de force? Pourquoi rajouter « politique » à « théâtre »? Une question récurrente qui a un sens particulièrement fort dans le paysage théâtrale et littéraire du Chili. La dernière création de Guillermo Calderon, Villa+Discurso (au Théâtre de la Ville, oct. 2012), présente un début de réponse, autour des thèmes de la mémoire et de l’oubli.
    0 comment | 14/11/2012

    Brève : l’exercice du critique

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice").

    par Moïra Dalant

    L’exercice de la critique, quel que soit le sujet abordé (art, théâtre, littérature) est celui d’un être sensible et raisonnant. L’art émerge en soi et face à soi. La réception d’une œuvre (l’effet de l’art au sens large) se fait présence et absence en même temps, il plonge le spectateur-récepteur dans l’expérience d’un mythe personnel, d’un rapport différent au monde et aux choses. Car l’œuvre, comme toute réalité empirique, ne se laisse saisir exhaustivement d’aucun point de vue. Il s’agit donc, en tant que critique, de trouver un équilibre entre la sensibilité aux œuvres et l’aptitude à raisonner. La perception d’un spectacle et sa transmission critique se faisant toujours de manière subjective, on tente une passation d’impressions d’un récepteur à un lecteur, l’exercice de la critique se compose alors de deux entités antagonistes sans être paradoxales : se soumettre à autrui (l’auteur, l’artiste) et s’accepter soi-même.
    0 comment | 12/11/2012

    Une utopie de plus…

    Le LFTP s'habille de souliers neufs et partage avec vous ses réactions face au(x) Théâtre(s). Les élèves du Labo sont invités à réagir face à la création contemporaine qui alimente, complémente et oriente leurs travaux. Des investigations, des critiques de spectacles, d'expos,des rencontres, des retours sur la pédagogie, sur le travail, sur la recherche, des analyses, des échanges , BREF du partage. "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). La parole est donnée à ceux qui se forment et qui expérimentent quotidiennement au LFTP, pour qu'ils résonnent sensiblement "la matière artistique" et comprennent (modestement) quels artistes ils deviendront.
    0 comment | 13/10/2012

    La Cité du Rêve

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). par Alice de Coccola Être en formation théâtrale au sein du LFTP et assister pour la deuxième année consécutive à une représentation de Krystan Lupa est une chance inouïe. L’année dernière était présentée au Théâtre de la Colline « Salle d’attente » librement inspiré de Catégorie 3.1 de Lars Noren. La rencontre avec Lupa au théâtre et avec deux des comédiens au sein du Laboratoire par la suite m’a permis de mieux appréhender et de mesurer l’importance de la démarche créatrice de cet homme et de son inscription dans l’histoire théâtrale, passeur de Tadeusz Kantor, proche de Grotowski et maître de Warlikowski.
    0 comment | 13/10/2012
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    La Résistable Ascension d’Arturo Ui

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice"). par Julia Leblanc Lacoste   Voir Arturo Ui et connecter avec le Théâtre avec un grand T, celui qui nous fait passer dans la grande Histoire. Où l'on pense à Novarina "jouer c'est passer au dessus ou en dessous". Le Théâtre où tout est intelligent, référencé dans chaque signe choisi, sans être pédant : juste, vrai, grand. Où l'acteur tire les fils, sculpte les mots les étire, les malaxe les tape les mange - bonheur d'entendre la langue germanique sous titrée de Brecht éclater dans toute sa profondeur et sa guturalité- où le corps se tord se distend se théâtralise dans une maitrise absolue de l'instrument, l'accès à une détente incommensurable permettant de raconter la tension la plus élevée, la naissance de la poésie par l'organicité. De ces bonheurs théâtraux qui nous font sentir plus grands. Une pierre blanche dans le ciel de la rentrée.
    0 comment | 10/10/2012

    Retour chronique : des acteurs aux théâtres.

    "Parce que nous sommes acteurs de théâtre et acteurs aux théâtres, parce que nos passions sont à la fois sur la scène et devant la scène, ici suivent des pensées d'acteurs (jeunes créateurs en "exercice") et de critiques de théâtre (jeunes spectateurs en "exercice").

    par Moïra Dalant

    Brève 1 : Le théâtre aujourd’hui : plutôt Robert Plankett ou Stanislas Nordey ? Quel théâtre est notre/mon théâtre ? Le Collectif de la Vie Brève, avec une mise en scène de Jeanne Candel, présentait Robert Plankett au Théâtre des Abbesses en avril dernier. Robert Plankett, qu’est-ce que c’est ? Une forme théâtrale moderne, typiquement moderne même, un travail collectif d’acteurs et de metteurs en scène sur un texte ou un sujet. Robert Plankett est, entre autre, une réflexion théâtrale sur l’ici et maintenant, l’acteur face à son public, qui lui parle les yeux dans les yeux. Nonchalant ? non, mais nu et véritable ? peut-être. Un théâtre à l’esthétique télévisuelle genre sitcom interrompue d’épisodes fabuleux (la fuite fantastique des animaux dans les bois, la description des symptômes d’une attaque cérébrale), une mise en scène du quotidien se heurtant au monde du rêve ou de l’affabulation, à ce rêve de la redéfinition du quotidien justement. Un théâtre à la mode. Tant mieux. Stanislas Nordey, lui, rejouait Incendies de Wajdi Mouawad au Théâtre des Quartiers d’Ivry, un texte aux accents de quête originelle déjà, et une direction d’acteur qui puise directement sa force dans les émotions sous-jacentes, organiques, implosives. L’histoire d’une mythologie qui se recrée en permanence, à la fois moderne et anti-moderne. Nordey comme une apogée du théâtre sublimé, sacré, ventral, spectral. Le théâtre de Nordey est éprouvant, au sens premier d’épreuve, il est l’exposition du tragique incarné et furieux par la surimpression du signe. L’intime apparaît dans la fissure créée par le signe et l’hyper tragique, et finalement le lyrisme s’efface pour faire place à une nécessité du geste et de la parole. Les acteurs se font ici les portes parole d’une écriture de la transmission d’une mémoire et du questionnement d’une identité. Quête essentielle à l’acteur même.

     
    855 comment | 09/10/2012

    Notes de stage, Ariane Mnouchkine

    "Ce que je réclame, ce n’est pas de l’indulgence, c’est de la patience exigeante. Je peux admettre qu’il y ait de la douleur dans la non-réalisation de ce que vous venez de tenter, mais il n’y a pas de frustration. Si vous ne voulez pas souffrir, ne faites pas ce métier. Faites des métiers où il n’y a pas de douleur, qui sont d’ailleurs des métiers mortifères. Ne venez pas chercher ici ce que vous trouvez ailleurs. Ici, on travaille comme ça, on échoue comme ça, on ne discutaille pas des heures pendant que quatre cents personnes attendent pour passer sur le plateau. La vraie douleur d’un comédien, c’est quand il sent qu’il n’atteint pas l’art du théâtre. Avoir l’occasion de rater, avoir la chance de rater ! Ne me parlez pas de frustration" Le texte complet sur ce lien http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/a-propos-du-theatre-du-soleil/les-stages,352/notes-de-stage-fevrier-2009,1266
    0 comment | 08/06/2012

    platel c(h)oeurs

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tOicfRp_pXc
    0 comment | 24/03/2012

    JE ME DIS EN SECRET MAIS TRÈS FORT

    JE ME DIS EN SECRET MAIS TRÈS FORT Édito La rose des vents / saison 2003/2004 Je me dis en secret mais très fort. Je me dis : je n’aime pas le pouvoir et le pouvoir me le rend bien. Je me dis : ne fais pas du théâtre pour les gens qui aiment le pouvoir, pour les gens qui pratiquent le pouvoir, même si tu dépends d’eux, ou plutôt même si ton théâtre, comme tous les théâtres, dépend d’eux. Résiste à la tentation d’être sur le même terrain que le roi. Sois ailleurs, là où le roi ne va jamais se pencher, par peur de lui-même. Ce qui fait qu’il est roi.
    0 comment | 02/03/2012

    The Cost of Living, DV8 Physical Theatre

    http://www.youtube.com/watch?v=5cx-5qC-17k&feature=related Directed by Lloyd Newson, Norfolk, England, 2004, 35mn. http://www.dv8.co.uk/projects/costoflivingfilm
    749 comment | 24/02/2012

    Les poètes

    Je ne sais ce qui me possède Et me pousse à dire à voix haute Ni pour la pitié ni pour l'aide Ni comme on avouerait ses fautes Ce qui m'habite et qui m'obsède

    Celui qui chante se torture Quels cris en moi quel animal Je tue ou quelle créature Au nom du bien au nom du mal Seuls le savent ceux qui se turent Machado dort à Collioure Trois pas suffisent hors d'Espagne Que le ciel pour lui se fît lourd Il s'assit dans cette campagne Et ferma les yeux pour toujours Au-dessus des eaux et des plaines Au-dessus des toits des collines Un plain-chant monte à gorge pleine Est-ce vers l'étoile Hölderlin Est-ce vers l'étoile Verlaine Marlowe il te faut la taverne Non pour Faust mais pour y mourir Entre les tueurs qui te cernent De leurs poignards et de leurs rires A la lueur d'une lanterne Étoiles poussières de flammes En août qui tombez sur le sol Tout le ciel cette nuit proclame L'hécatombe des rossignols Mais que sait l'univers du drame La souffrance enfante les songes Comme une ruche ses abeilles L'homme crie où son fer le ronge Et sa plaie engendre un soleil Plus beau que les anciens mensonges Je ne sais ce qui me possède Et me pousse à dire à voix haute Ni pour la pitié ni pour l'aide Ni comme on avouerait ses fautes Ce qui m'habite et qui m'obsède

    Aragon

    0 comment | 08/02/2012

    Nils Frahm, Said and Done Compositeur, musicien, producteur berlinois: classique contemporain. http://www.youtube.com/watch?v=GdXozAsJ-xg
    0 comment | 21/01/2012

    Avons-nous grandi ?

    "Nous avons fait un grand chemin. De l'enfance à l'âge adulte, de l'erreur à la vérité. Nous savons à présent où est la vérité. Elle est dans le sexe, dans l'économie et dans la culture. Et nous savons bien où est la vérité de cette vérité. Elle est dans la mort. Nous croyons au sexe, à l'économie, à la culture et à la mort. Nous croyons que le fin mot de tout revient à la mort, qu'il grince entre ses dents serrées sur leur proie, et nous regardons les siècles passés du haut de cette croyance, avec indulgence et mépris, comme tout ce qu'on regarde de haut. Nous ne pouvons  leur en vouloir de leurs erreurs. Elles étaient sans doute nécessaires. Maintenant nous avons grandi. Maintenant nous ne croyons qu'à ce qui est puissant, raisonnable, adulte - et rien n'est plus puéril que la lumière d'une bougie tremblant dans le noir."

     

    Christian Bobin, extrait de Le Très-Bas

    0 comment | 13/01/2012

    ORFEU

    http://www.youtube.com/watch?v=SVQ_9CuaDTc ORFEU NEGRO, 1959, de Marcel Camus
    0 comment | 24/12/2011

    En finir avec les idées salopes

    Le slam n’impose pas d’écrire en vers. Le slam n’impose pas de rimes. Le slam n’impose pas d’écrire avec des mots. Le slam n’impose pas un rythme particulier dans la parole. Le slam n’impose pas de musique. Le slam n’impose pas d'uniforme. Le slam n’impose rien. Le slam n’impose rien à personne. Se rendre à une soirée slam, c’est pousser la porte d’un café et y trouver des gens venus écouter et réagir. C'est rencontrer des gens qui s'imposent des choses, mais en aucun cas leur choix peut-être une définition de ce qu'est le slam. Une scène slam est un endroit où l'on s'exprime et où l'on se rencontre. J'y ai vu le spectacle des hommes. J’ai trouvé la beauté dans un poing serré et des jambes tremblantes. J’ai appris à écouter toutes les musiques. Et ces musiques valent la peine de faire fermer les gueules qui lancent des avis sans avoir eu le courage un jour, car il en faut, de mettre les pieds dans ce vivier. A tous les guerriers, Et même aux meurtriers, Je vous aime. Claire I. SLAM CHAQUE LUNDI 20h-MINUIT ENTREE LIBRE AU DOWNTOWN CAFE 46 RUE JEAN-PIERRE TIMBAUD 75011 METRO OBERKAMPF OU PARMENTIER SCENE OUVERTE...........
    0 comment | 11/12/2011

    Fragment de prose sur l’humanité.

    Hachure ! Est-ce que tu n’en as pas assez d’être une hachure entre les hachures ? Homme ! Tu n’en as donc pas ton soûl d’être un homme parmi les hommes ? Grouillis des poux de mer sur la plage des rues. Bâtonnets sautant à cloche-pied, vers de pierre, jeux de jonchet en délire, aïe donc, les dragons chargent sur la chair en filoselle, les chapeaux, les gants, les cannes, les sacs endormis dans le blanc d’œil, goitres assommés, crapauds en deuil, accordéons éculés face au ciel ! Monte un peu. Suis-moi. Colle donc, nom de Dieu ! Là, te voilà bien avancé, maintenant. Crois-tu que c’est beau à voir de là-haut ? Crois-tu que c’est grand’chose ? Ah ! vous n’alliez pas loin, les hommes. Vois-tu de là-haut comment ça rampe ? Comprends-tu, maintenant, comment ça foisonne ? Alors, pourquoi tant d’histoires ?

    Débat dans l'azur de Léon-Paul Fargue

    0 comment | 27/11/2011

    Quand dire c’est faire

    Petit rappel linguistique sur l'acte d'énonciation John L. Austin introduit les notions d'actes de langage qui veulent que toute énonciation se décompose en trois types d'actes: L' "acte locutoire" est le simple fait de produire des signes vocaux selon le code de telle ou telle langue (stade 1 de l'acte énonciatif) L' "acte illocutoire" (2ème type) qui consiste à accomplir un acte en disant. L'acte illocutoire acquiert une force en plus de l'acte locutoire, du fait même de la volonté du locuteur (selon qui s'exprime), et non de façon induite par son sens littéral. L' "acte perlocutoire" : du fait même de sa force illocutoire, tout énoncé produit des effets. L'acte se situe alors plutôt du côté du destinataire, et est plus difficilement contrôlable par le locuteur. Quand dire c'est faire, John L. Austin, 1991
    0 comment | 26/11/2011

    L’Erotisme, Georges Bataille

      C L'origine du déluge "C'est généralement le fait du sacrifice d'accorder la vie à la mort, de donner à la mort le rejaillissement de la vie, à la vie la lourdeur, le vertige et l'ouverture de la mort. C'est la vie liée à la mort mais dans le même moment, la mort est signe de la vie, ouverture à l'illimité" (p.102)
    0 comment | 26/11/2011

    Correspondance, Constantin STANISLAVSKI

    " Savez-vous pourquoi j’ai abandonné mes affaires personnelles et me suis consacré au théâtre ? Parce que le théâtre est la tribune la plus puissante qui soit, et que son influence est supérieure même à celle des livres et de la presse. Cette tribune est tombée sous la coupe des rebuts du genre humain, qui en ont fait un lieu de débauche. Ma tâche consiste à purifier, dans la mesure de mes forces, la famille des artistes, à en bannir les ignorants, les illettrés et les exploiteurs. Ma tâche consiste à faire comprendre, dans la mesure de mes moyens, à la génération actuelle que l’acteur est propagateur de la beauté et de la vérité. A cette fin /…/, l’acteur doit être avant tout un homme cultivé, pour pouvoir comprendre, pénétrer les œuvres des plus grands maîtres de la littérature. Voilà pourquoi, à mon avis, il n’y a pas d’acteurs. Sur mille nullités, ivrognes et ignares qui se prétendent acteurs, il faut en rejeter neuf cent quatre-vingt dix-neuf pour n’en retenir qu’un digne de ce nom. Ma troupe se compose d’universitaires, de techniciens sortis d’écoles secondaires et supérieures, et c’est ce qui fait la force de notre théâtre. Vous avez senti naître en vous l’amour du théâtre. Commencez par lui faire des sacrifices, car servir la cause de l’art consiste précisément à s’immoler à lui sans calcul. Etudiez… Lorsque vous serez devenu un homme cultivé et instruit, venez me trouver, si mon travail vous plaît toujours. Soyez prêt alors, oubliant la gloire et n’aimant que votre art, à suivre avec mes camarades et moi un chemin rude, pénible parsemé de ronces. Bien entendu, tout ceci n’est réalisable que si vous avez du talent… Mais le talent seul ne suffit pas au théâtre, surtout au XXe siècle. Le répertoire du théâtre nouveau se composera d’œuvres dont les auteurs seront, par leur portée philosophique et sociale, des Ibsen à la deuxième puissance, et leurs pièces pourront être jouées seulement par des gens cultivés. Le temps est révolu des braillards et des histrions de province… " Correspondance, Constantin STANISLAVSKI.
    0 comment | 22/11/2011

    Fernando Pessoa

    "Je ne suis rien Je ne serai jamais rien Je ne peux vouloir être rien A part ça je porte en moi tous les rêves du monde"
    0 comment | 02/11/2011

    COMMUNIQUE de ROMEO CASTELLUCCI

    Je veux pardonner à ceux qui ont essayé par la violence d'empêcher le public d'avoir accès au Théâtre de la Ville à Paris. Je leur pardonne car ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils n'ont jamais vu le spectacle ; ils ne savent pas qu'il est spirituel et christique ; c'est-à-dire porteur de l'image du Christ. Je ne cherche pas de raccourcis et je déteste la provocation. Pour cette raison, je ne peux accepter la caricature et l'effrayante simplification effectuées par ces personnes. Mais je leur pardonne car ils sont ignorants, et leur ignorance est d'autant plus arrogante et néfaste qu'elle fait appel à la foi. Ces personnes sont dépourvues de la foi catholique même sur le plan doctrinal et dogmatique ; ils croient à tort défendre les symboles d'une identité perdue, en brandissant menace et violence. Elle est très forte la mobilisation irrationnelle qui s'organise et s'impose par la violence. Désolé, mais l'art n'est champion que de la liberté d'expression. Ce spectacle est une réflexion sur la déchéance de la beauté, sur le mystère de la fin. Les excréments dont le vieux père incontinent se souille ne sont que la métaphore du martyre humain comme condition ultime et réelle. Le visage du Christ illumine tout ceci par la puissance de son regard et interroge chaque spectateur en profondeur. C'est ce regard qui dérange et met à nu ; certainement pas la couleur marron dont l'artifice évident représente les matières fécales. En même temps, et je dois le dire avec clarté, il est complètement faux qu'on salisse le visage du Christ avec les excréments dans le spectacle. Ceux qui ont assisté à la représentation ont pu voir la coulée finale d'un voile d'encre noir, descendant sur le tableau tel un suaire nocturne. Cette image du Christ de la douleur n'appartient pas à l'illustration anesthésiée de la doctrine dogmatique de la foi. Ce Christ interroge en tant qu'image vivante, et certainement il divise et continuera à diviser. De plus, je tiens à remercier le Théâtre de la Ville en la personne d'Emmanuel Demarcy-Mota, pour tous les efforts qui sont faits afin de garantir l'intégrité des spectateurs et des acteurs. Romeo Castellucci Sociètas Raffaello Sanzio Paris, le 22 octobre 2011
    0 comment | 25/10/2011

    Poètes et Balladins

    " Ohé ohé ! Nous nous tenons en équilibre au milieu des airs, nous vagabondons par les chemins, nous nous précipitons la tête en bas pour amuser ceux qui nous regardent. Quelque chose nous pousse à faire ce métier. [...]nous nous sommes enfoncé dans l'âme un tas de choses dures et nous l'avons cerclée avec du fer pour qu'elle file droite dans ses voyages, que ses mâts élastiques aient une volée plus haute, et que fièrement, au soleil, elle sépare bien les flots de sa carène vernie. Oh ! nous avons souffert durant notre jeunesse, et nous nous regardions dans des miroirs, pour étudier les grimaces qui font pleurer les multitudes.
    0 comment | 24/10/2011

    « je est un autre »

    À Georges Izambard Charleville, 13 mai 1871. Cher Monsieur ! Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m’avez-vous dit ; vous faites partie des corps enseignants : vous roulez dans la bonne ornière. - Moi aussi, je suis le principe : je me fais cyniquement entretenir ; je déterre d’anciens imbéciles de collège : tout ce que je puis inventer de bête, de sale, de mauvais, en action et en parole, je le leur livre : on me paie en bocks et en filles. Stat mater dolorosa, dum pendet filius. - Je me dois à la Société, c’est juste, - et j’ai raison. - Vous aussi, vous avez raison, pour aujourd’hui. Au fond, vous ne voyez en votre principe que poésie subjective : votre obstination à regagner le râtelier universitaire, - pardon ! - le prouve ! Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n’a rien fait, n’ayant rien voulu faire. Sans compter que votre poésie subjective sera toujours horriblement fadasse. Un jour, j’espère, - bien d’autres espèrent la même chose, - je verrai dans votre principe la poésie objective, je la verrai plus sincèrement que vous ne le feriez ! - je serai un travailleur : c’est l’idée qui me retient, quand les colères folles me poussent vers la bataille de Paris - où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais ; je suis en grève. Maintenant, je m’encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre Voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n’est pas du tout ma faute. C’est faux de dire : je pense : on devrait dire : On me pense. - Pardon du jeu de mots. Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait ! Vous n’êtes pas Enseignant pour moi. Je vous donne ceci : est-ce de la satire, comme vous diriez ? Est-ce de la poésie ? C’est de la fantaisie, toujours. - Mais, je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni - trop - de la pensée : Le Coeur supplicié Mon triste coeur bave à la poupe... Mon coeur est plein de caporal ! Ils y lancent des jets de soupe, Mon triste coeur bave à la poupe... Sous les quolibets de la troupe Qui pousse un rire général, Mon triste coeur bave à la poupe Mon coeur est plein de caporal ! Ithyphalliques et pioupiesques Leurs insultes l’ont dépravé ; À la vesprée, ils font des fresques Ithyphalliques et pioupiesques ; Ô flots abracadabrantesques, Prenez mon coeur, qu’il soit sauvé ! Ithyphalliques et pioupiesques Leurs insultes l’ont dépravé ! Quand ils auront tari leurs chiques, Comment agir, ô coeur volé ? Ce seront des refrains bachiques Quand ils auront tari leurs chiques : J’aurai des sursauts stomachiques Si mon coeur triste est ravalé ! Quand ils auront tari leurs chiques, Comment agir, ô coeur volé ? Ça ne veut pas rien dire. - Répondez-Moi : chez M. Deverrière, pour A. R. Bonjour de coeur, Art. Rimbaud.
    0 comment | 17/10/2011

    une saison en enfer

    "Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père." Rimbaud
    0 comment | 17/10/2011

    Romeo Castellucci « LONDON » 4 Parties

    Partie 1 http://www.youtube.com/watch?v=SxPD7S8_R1c Partie 2 http://www.youtube.com/watch?v=7QZ4Snka3wY Partie 3 http://www.youtube.com/watch?v=vfb9V2RKyoE Partie 4 http://www.youtube.com/watch?v=w9T8GCrgHP4
    0 comment | 14/10/2011

    Vivica Genaux, voix baroque

    http://www.youtube.com/watch?v=bnIxa-QUL5U Vivica Genaux chante "Agitata da due Venti" extrait de Griselda, un opéra de Vivaldi. Le Concert Spirituel, Hervé Niquet. Concert diffusé sur France 3 en direct de l'Opéra Berlioz à Montpellier, France à l'occasion des "17e Victoires de la musique classique", le 8 février 2010. A voir aussi sur Arte+7, le concert diffusé aujourd'hui et enregistré le 12 juin 2011 au Rokokotheater de Schwetzingen.
    0 comment | 09/10/2011

    Faust, Goethe.

    Maudit soit ce qui nous séduit dans nos rêves, illusions de gloire et d'immortalité!      
    0 comment | 08/10/2011

    On a besoin de tellement de remèdes…

    simple, court, et résume efficacement la situation :   " Je pense que la société, n'est-ce pas, est tellement minée par la crise en ce moment, on a besoin de tellement de remèdes. Et après la crise, la crise. Crise de l'alimentation, crise de la santé, crise de la presse, épidémie de suicides, épidémie de démence ! Tant de désespoir, et on a besoin de tellement de remèdes."  

    H. Barker, extrait de "Elle saisit bien l'idée, mais..." , dans Les Possibilités

    0 comment | 05/10/2011

    La noyée

    http://www.youtube.com/watch?v=OsYa6xGl7eg
    0 comment | 03/10/2011

    Mon coeur mis à nu

    Qu'est ce que l'amour? le besoin de sortir de soi. L'homme est un animal adorateur. adorer, c'est se sacrifier etse prostituer. aussi tout amour est prostitution. C.Baudelaire
    0 comment | 03/10/2011

    blush

    http://www.youtube.com/watch?v=34u3nXL8b3E&feature=player_embedded
    0 comment | 01/10/2011

    Tempes

    Un petit quelque chose avant de commencer l'alexandrin ...   La peau fine de ton front, tes pommettes, tes tempes... Ce contact fragile de mes mains qui rampent Le long de ton visage, glacier aux diamants noirs Où se reflètent et l'enfer et mon miroir ; Se terminent en fourche, traces de griffes lionnes Qui sinuent vers tes tempes, ces tempes qui se donnent Ouvertes et graciles, à ma bouche conquise. De cet espace infime, sous la peau qui se grise Sous cette peau si fine, tissu blanc éthéré, Bat le flux de ta tempe, d'une régularité Qui à chaque sursaut semble se renouveler. A chaque spasme de sang, je vois le temps passer Le temps bleu qui circule dans cette veine effacée, Pressée par son rythme inéluctable et lent. ...Tempes, temple sacré où circule le temps.

    claire b.

    0 comment | 25/09/2011

    La mort est belle

    "Dieux, mes dieux ! Comme la terre est triste, le soir ! Comme les brouillards sont mystérieux, sur les marais. Qui a erré dans ces brouillards, qui a beaucoup souffert avant de mourir, qui a survolé cette terre, accablé d'un fardeau trop lourd pour lui, celui-là le sait. Il le sait, l'homme las. Et c'est sans regret qu'il quitte les brouillards de la terre, ses marécages et ses rivières, qu'il se remet d'un cœur léger aux mains de la mort, sachant qu'elle seule..." Du chapitre LE PARDON EST UN REFUGE POUR L'ETERNITE D'un autre roman excellent : Le maître et Marguerite, de Boulgakov Et je pense aujourd'hui oui, que la mort est belle à côté de la vieille rancune qui gravite dans les chairs gavées par le temps et les frites. J'aime pas les frites, et j'aime pas la rancune. Je vais écrire un poème. Claire
    0 comment | 22/09/2011

    t’es OK…

    http://www.youtube.com/watch?v=wSJ5ZvxtMPc&feature=player_embedded
    0 comment | 18/09/2011

    La solitude est affaire de fierté

    "La solitude est une affaire de fierté ; l'être humain se laisse avec orgueil enterrer dans sa propre odeur ; le problème du vrai poète est toujours le même. S'il est heureux pendant une longue période, il devient ordinaire. S'il est malheureux pendant une longue période, il ne peut plus trouver en lui la force de tenir en vie sa poésie... La vraie poésie ne cohabite avec le bonheur que pour une durée très courte. Au bout d'un certain temps, soit le bonheur banalise la poésie et le poète, soit alors la vraie poésie gâche le bonheur." A lire dans le grand roman Neige de Orhan Pamuk
    0 comment | 16/09/2011

    BOOK

    http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk     "Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit, et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu'un livre change de mains, que quelqu'un promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et devient plus fort."

    L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

    0 comment | 11/09/2011

    vandekeybus

    http://www.youtube.com/watch?v=gCMNvwmdVy8&feature=player_embedded#!
    0 comment | 10/09/2011

    A toutes les fleurs du mal

    Le vin sait revêtir le plus sordide bouge D’un luxe miraculeux, Et fait surgir plus d’un portique fabuleux Dans l’or de sa vapeur rouge, Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux. L’opium agrandit ce qui nà pas de bornes, Allonge l’illimité, Approfondit le temps, creuse la volupté, Et de plaisirs noirs et mornes Remplit l’âme au delà de sa capacité. Tout cela ne vaut pas le poison qui découle De tes yeux, de tes yeux verts, Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers... Mes songes viennent en foule Pour se désaltérer à ces gouffres amers. Tout cela ne vaut pas le terrible prodige De ta salive qui mord, Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord, Et, charriant le vertige, La roule défaillante aux rives de la mort ! Charles Baudelaire
    0 comment | 09/09/2011

    Dans la caverne de Platon

      « La limite du savoir que la photographie peut donner du monde est que, tout en pouvant aiguillonner la conscience, elle ne peut en fin de compte jamais apporter aucune connaissance d’ordre éthique ou politique. Le savoir tiré des photographies sera toujours une certaine forme de sentimentalisme, qu’il soit cynique ou humaniste. Ce sera un savoir au rabais : une apparence de savoir, une apparence de vérité ; de la même façon que l’activité photographique est une apparence d’appropriation, une apparence de viol. Le mutisme même de ce qui est hypothétiquement intelligible dans les photographies est ce qui les rend séduisantes, provocantes. Leur omniprésence exerce une influence incalculable sur notre sensibilité morale. En introduisant dans ce monde déjà encombré de son double iconique, la photographie nous donne le sentiment que le monde est plus disponible qu’il ne l’est en réalité. Le besoin de voir la réalité confirmée et le vécu exalté par des photos constitue un mode de consommation esthétique dont personne aujourd’hui n’est capable de se passer. Les sociétés industrielles font de leurs membres des camés dont l’image est la drogue ; c’est la plus puissante forme de pollution mentale. Désir poignant de trouver la beauté, d’en finir d’examiner le dessous des choses, de sauver et de célébrer le corps du monde : tous ces constituants du sentiment érotique s’affirment dans le plaisir que nous prenons aux photographies. Mais d’autres sentiments, moins libérateurs, s’y expriment également. Il ne serait pas faux de dire que les gens ont un besoin compulsif de photographier : de transformer le vécu lui-même en une façon de voir. Au bout du compte, vivre quelque chose et en prendre une photo deviennent identique, et participer à un événement public équivaut de plus en plus à le regarder sous forme photographique. Mallarmé, le plus cohérent des esthètes du XIXème siècle, déclarait que tout l’univers existe pour aboutir à un livre. Aujourd’hui, tout existe pour aboutir à une photographie.» Susan Sontag, Sur la photographie, [1973], Christian Bourgois éditeur, 2003 http://leclownlyrique.wordpress.com/2010/09/05/dans-la-caverne-de-platon/
    0 comment | 08/09/2011

    Gregory Crewdson

    A VOIR http://www.fubiz.net/2010/06/29/gregory-crewdson/

    0 comment | 08/09/2011

    Essai pour un fils

    http://youtu.be/rdstxrfIR8s   Film monté et réalisé entièrement avec un Iphone. Musique, texte et vidéo : Charles d'Oiron
    0 comment | 08/09/2011

    encore

    L'été s'est enfui, plus rien ne reste. On est bien au soleil, et pourtant cela ne suffit pas. Une feuille aux cinq pointes s'est posée sur ma main, et pourtant cela ne suffit pas. La vie me prenait sous son aile, me protégeait, me sauvait : j'étais vraiment chanceux, et pourtant cela ne suffit pas. Elles n'ont pas pris feu, les feuilles, elles ne se sont pas brisées, les branches, le jour est limpide comme le cristal, et pourtant cela ne suffit pas.  

    Poëme d'Arsenij Tarkovskij

    0 comment | 06/09/2011

    notre besoin de CREATION est impossible à rassasier

    L'artiste mutilé : Au pays des médiocres naquit un artiste. Son besoin d'expression était vital, essentiel, et rapidement, il finit par trouver un vieux piano sur lequel il parvint à jouer de sublimes concerts. Sa profession de pianiste éveilla une telle jalousie, que très vite les citadins, par le biais de la calomnie, arrivèrent à le faire jeter en prison et là, lui coupèrent le bras droit. Le manchot souffrit un temps, mais son monde intérieur le contraignant à se reprendre, il commença, avec une main, à fabriquer des gâteaux qui étaient de véritables chefs-d'œuvre ; aux formes, aux goûts et aux couleurs incomparables. Les médiocres se liguèrent contre lui et lui coupèrent  l'autre bras. Ainsi mutilé, l'artiste ne se laissa pas abattre et devint un grand danseur. Ils lui rognèrent la jambe droite ! Le boiteux s'enferma dans une chambre, avec des toiles, de la peinture à l'huile et des pinceaux et apprit à peindre avec un pied. Il ne possédait alors qu'un public d'enfants parce que leurs cœurs ne connaissent pas la jalousie et savent accepter la valeur de l'autre. La meute des rancuniers lui coupa la jambe gauche ! Il devint chanteur d'opéra ! Ils lui coupèrent la langue ! Il prit un pinceau entre les dents et créa de fantastiques dessins. Ils lui arrachèrent les dents. Il trouva une machine à écrire et, tapant sur les touches avec le nez, il écrivit des odes, des sonnets, des contes, des romans : la littérature lui livra son mystère. Ils lui coupèrent le nez ! Il se traîna alors sur de la poussière de couleurs et, le corps enduit de graisse, se frottant contre une toile, il fit de merveilleux tableaux abstraits. Enragés, ils ne pouvaient en supporter davantage : ils l'assassinèrent ! Dans son testament, il avait couché un souhait que les enfants, devenus adolescents, exécutèrent religieusement : avec ses intestins ils fabriquèrent des cordes de cordes de violon ; avec sa peau tendue ils firent un tambour ; avec ses os des flûtes ; avec ses cheveux un étui pour harmonica et, avec ses restes broyés, ils obtinrent de la cellulose pour le blanc papier où imprimer ses vers. Ces écrits et ces instruments éliminèrent un peu de la médiocrité ambiante.  

    fable de Jodorowsky, dans Les araignées sans mémoires

    0 comment | 22/08/2011

    Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être

    "Si Karénine avait été un être humain au lieu d'être un chien, il aurait certainement dit depuis longtemps à Tereza : "Ecoute, ça ne m'amuse plus de porter jour après jour un croissant dans la gueule. Tu ne peux pas me trouver quelque chose de nouveau ?" Il y a dans cette phrase toute la condamnation de l'homme. Le temps humain ne tourne pas en cercle mais avance en ligne droite. C'est pourquoi l'homme ne peut-être heureux puisque le bonheur est désir de répétition."
    0 comment | 14/08/2011

    « La quête éperdue d’amour »…

      http://vimeo.com/groups/1762/videos/10009351   Aurélien Kairo - Chorégraphie et interprétation Guy Boley - Mise en scène et dramaturgie Jacques Brel - Chansons Jean-Charles Guigues - Mise en lumière Solo de 30 ou 50 mn "Un homme assis quelque part un bouquet de fleurs à la main, attend manifestement une femme. Cette histoire raconte la quête éperdue d’amour, la vieillesse et la mort. Porté par l’univers d’une grande humanité des chansons de Jacques Brel, un danseur navigue entre Buster Keaton et Fred Astaire et nous livre un langage de danse singulier, métissé, prenant sa source dans le hip hop." "Au-delà des chansons, j’ai choisi l’homme. Le grand Jacques et son univers dans lequel je me sens proche pour parler d’amour. Si j’étais vieux et que je me posais la question suivante. Quel problème n’ai-je su résoudre de toute ma vie ? Je crois déjà connaître la réponse : l’amour. Insaisissable, je crois humblement qu’on s’arrange tous avec lui comme on peut."
    0 comment | 07/08/2011

    QUE CHERCHE LE PUBLIC DU IN ?

    Pour qui jouons-nous? Est-ce que chaque soir, dans toutes les salles de spectacle du monde, ce sont de petits coeurs battants, remplis de l'espoir immense d'être les spectateurs muets de l'apparition de l'indicible, de l'inénarrable, de Dieu sur la scène qui attendent les comédiens? Il faut le souhaiter. Car, a priori, c'est toujours ce désir qu'a le public qu'on l'emmène dans un Ailleurs qui fait travailler dur les artistes.
    460 comment | 05/08/2011

    Apprendre à dire bonjour

    "et le meilleur moyen de faire croire que tu connais tout, c'est de ne jamais avoir l'air étonné" Itinéraire d'un enfant gâté, Claude Lelouch Quelques tuyaux pour jouer dans le jeu du monde...... http://www.dailymotion.com/video/x2nq9i_apprendre-a-dire-bonjour_fun  
    0 comment | 24/07/2011

    constat amer…

    je partage tellement je partage... Nous voici arrivé à la 3e semaine de ce Off, presque une fin déjà. Qu’en conserverons-nous pour souvenir ? Une certaine impression de défaite, le mot est fort certes, mais juste : défaite du théâtre, d’abord, puisque désormais ce Off appartient à 90 % à la retape la plus vulgaire qui soit, et aux mauvais spectacles… Défaite du public, également, puisque celui-ci boude ostensiblement les salles. Et défaite des professionnels, programmateurs, journalistes, qui repartent vite fait de ce Off 2011, sans jamais n’avoir connu le moindre frisson… Et puis, le jeu de mots est trop tentant, nous parlerons également de dé-fête… Dans ce sens que la fête festivalière qui caractérisait jusqu’alors ce Off d’Avignon, qui célèbre (!) cette année ses 44 ans, cette joie palpable qui animait la rue et la nuit d’Avignon au mois de juillet, n’est plus vraiment là non plus. Défaite encore, et désertion de ce public lassé d’un niveau plus que médiocre côté spectacles, et d’un accueil plus que limite des « organisateurs » de ce Off, l’association AF&C qui ne fait rien pour en améliorer et l’image et la qualité. Exécrable Off 2011, qui ne donne rien à voir que sa propre misère, artistique, intellectuelle, théâtrale… et un appétit outré pour les jeux de pouvoir et de fric. Défaite absolue, oui. Pas de découvertes réelles, très peu de bons spectacles tout court… Où est le Théâtre dans tout cela ? En réalité, le Off, une si belle idée à sa naissance, est devenu, « grâce » aux petits calculs d’AF&C, une foire mercantiliste qui vire au cauchemar… Il suffit de se balader rue de la République pour constater combien le pire du Off s’est accaparé la voie publique, avec les parades racoleuses et misérables de ces salles lamentables, que sont le Paris ou le Palace qui phagocytent ce Off avec leurs spectacles indignes, avec un état d’esprit qui n’a plus rien à voir avec l’énergie première de ce Festival… La faute aux vraies bonnes compagnies, qui désertent Avignon (mais on les comprend), aux loueurs de salles, qui accumulent les richesses sans complexes, et surtout à l’association AF&C, en la personne de son président et de ses sbires, qui ne veut pas faire le tri, et cautionne donc, de fait, cette énorme et désolante farce qui ne fait plus rire personne. Une défaite absolue dont l’équipe dirigeante d’AF&C doit rendre compte, l’indigence artistique et les intérêts de pouvoir et d’argent les caractérisant plus que jamais. Mais cela, seuls les artistes peuvent en décider vraiment, en reprenant leur destin en mains… S’ils le veulent. Armand Héliot   reprendre son destin en main...
    0 comment | 24/07/2011

    Chili

    http://youtu.be/H9O0fgict50      
    0 comment | 22/07/2011

    Ophélie

    I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile : - Un chant mystérieux tombe des astres d'or II O pâle Ophélia ! belle comme la neige ! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté ! C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ; C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits, Que ton coeur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux ! Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle ! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole - Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu ! III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ; Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. Arthur Rimbaud
    0 comment | 19/07/2011

    Les oiseaux de passage

    Ô vie heureuse des bourgeois Qu'avril bourgeonne Ou que décembre gèle, Ils sont fiers et contents : Ce pigeon est aimé, Trois jours par sa pigeonne Ça lui suffit il sait Que l'amour n'a qu'un temps Ce dindon a toujours Béni sa destinée Et quand vient le moment De mourir il faut voir Cette jeune oie en pleurs "C'est la que je suis née Je meurs près de ma mère Et j'ai fait mon devoir" Elle a fait son devoir C'est a dire que onques Elle n'eut de souhait Impossible elle n'eut Aucun rêve de lune Aucun désir de jonque L'emportant sans rameurs Sur un fleuve inconnu Et tous sont ainsi faits Vivre la même vie Oui pour tout ces gens-là Cela n'est point hideux : Ce canard n'a qu'un bec Et n'eut jamais envie Ou de n'en plus avoir Ou bien d'en avoir deux Ils n'ont aucun besoin De baiser sur les lèvres Et loin des songes vains Loin des soucis cuisants Possèdent pour tout cœur Un viscère sans fièvre Un coucou régulier Et garanti dix ans Ô les gens bien heureux Tout à coup dans l'espace Si haut qu'ils semblent aller Lentement un grand vol En forme de triangle Arrivent planent, et passent Où vont ils? ... qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol Regardez les passer, eux Ce sont les sauvages Ils vont où leur désir Le veut par dessus monts Et bois, et mers, et vents Et loin des esclavages L'air qu'ils boivent Ferait éclater vos poumons Regardez les avant D'atteindre sa chimère Plus d'un l'aile rompue Et du sang plein les yeux Mourra. Ces pauvres gens Ont aussi femme et mère Et savent les aimer Aussi bien que vous, mieux Pour choyer cette femme Et nourrir cette mère Ils pouvaient devenir Volailles, comme vous Mais ils sont avant tout Des fils de la chimère Des assoiffés d'azur Des poètes, des fous Regardez les vieux coqs Jeune Oie édifiante Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux Et le peu qui viendra d'eux à vous C'est leur fiente Les bourgeois sont troublés De voir passer les gueux...

    George Brassens

    0 comment | 15/07/2011

    Les métamorphoses du vampire

    La femme cependant de sa bouche de fraise, En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise, Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc, Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc : — « Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science De perdre au fond d'un lit l'antique conscience. Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants Et fais rire les vieux du rire des enfants. Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles, La lune, le soleil, le ciel et les étoiles ! Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés, Lorsque j'étouffe un homme en mes bras veloutés, Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste, Timide et libertine, et fragile et robuste, Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi Les Anges impuissants se damneraient pour moi ! » Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle, Et que languissamment je me tournai vers elle Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus ! Je fermai les deux yeux dans ma froide épouvante, Et, quand je les rouvris à la clarté vivante, A mes côtés, au lieu du mannequin puissant Qui semblait avoir fait provision de sang, Tremblaient confusément des débris de squelette, Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer, Que balance le vent pendant les nuits d'hiver. Charles Baudelaire
    0 comment | 08/07/2011

    « A dix sept ans je me suis mise en vente, Messieurs, au marché d’amour »

    semaine Bertolt Brecht sur France Culture Découvrez une série de poèmes lus par des sociétaires de la Comédie Française sur les liens suivants : http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4279333#reecoute-4279333 http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4278809#reecoute-4278809 http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4278275#reecoute-4278275
    378 comment | 07/07/2011

    Un hémisphère dans une chevelure

    Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. Charles Baudelaire
    0 comment | 07/07/2011

    BEAK

    http://www.youtube.com/watch?v=YVqa_Fww_s0
    0 comment | 30/06/2011

    Lettres à un jeune poète, Rilke

    Un  extrait de Lettres à un jeune poète [...] Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre cour; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. Puis vous vous approcherez de la nature. Puis vous essayerez, comme un premier homme, de dire ce que vous voyez et vivez, aimez et perdez. N'écrivez pas de poèmes d'amour; évitez d'abord les formes qui sont trop courantes et trop habituelles : ce sont les plus difficiles, car il faut la force de la maturité pour donner, là où de bonnes et parfois brillantes traditions se présentent en foule, ce qui vous est propre. Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. Et fussiez-vous même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir à vos sens aucune des rumeurs du monde, n'auriez-vous pas alors toujours votre enfance, cette délicieuse et royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez vers elle votre attention. Cherchez à faire resurgir les sensations englouties de ce vaste passé; votre personnalité s'affirmera, votre solitude s'étendra pour devenir une demeure de douce lumière, loin de laquelle passera le bruit des autres.       (Merci Lisa)
    0 comment | 29/06/2011

    Le monde fourmille comme les insectes sur un cadavre…

    Quand donc finira cette société abâtardie par toutes les débauches d'esprit, de corps et d'âme ? Alors, il y aura sans doute une joie sur la terre, quand ce vampire menteur et hypocrite qu'on appelle civilisation viendra à mourir ; on quittera le manteau royal, le sceptre, les diamants, le palais qui s'écroule, la ville qui tombe, pour aller rejoindre la cavale et la louve. Après avoir passé sa vie dans les palais et usé ses pieds sur les dalles des grandes villes, l'homme ira mourir dans les bois. [...] Il faudra que l'or s'épuise à force de passer dans les mains et de corrompre ; il faudra bien que cette vapeur de sang s'apaise, que le palais s'écroule sous le poids des richesses qu'il recèle, que l'orgie finisse et qu'on se réveille. Alors il y aura un rire immense de désespoir, quand les hommes verront ce vide, quand il faudra quitter la vie pour la mort, pour la mort qui mange, qui a faim toujours. [...] Quelques hommes encore errants dans une terre aride s'appelleront mutuellement ; ils iront les uns vers les autres, et ils reculeront d'horreur, effrayés d'eux-mêmes[...]. Que sera l'homme alors, lui qui est déjà plus féroce que les bêtes fauves, et plus vil que les reptiles ? [...] Triste et bizarre époque que la nôtre ! Vers quel océan ce torrent d'iniquités coule-t-il ? Où allons-nous dans une nuit si profonde ? Ceux qui veulent palper ce monde malade se retirent vite, effrayés de la corruption qui s'agite dans ses entrailles. [...] Et nous, quelle religion aurons-nous ? [...] Nous avons essayé de tout et nous renions tout sans espoir ; et puis une étrange cupidité nous a pris dans l'âme et l'humanité, il y a une inquiétude immense qui nous ronge, il y a un vide dans notre foule ; nous sentons autour de nous un froid de sépulcre. L'humanité s'est prise à tourner des machines, et voyant l'or qui ruisselait, elle s'est écriée : "C'est Dieu !" Et ce Dieu-là, elle le mange. Il y a -c'est que tout est fini, adieu ! adieu !- du vin avant de mourir ! Chacun se rue où le pousse son instinct, le monde fourmille comme les insectes sur un cadavre, les poètes passent sans avoir le temps de sculpter leurs pensées, à peine s'ils les jettent sur des feuilles et les feuillent volent ; tout brille et tout retentit dans cette mascarade, sous ses royautés d'un jour et ses sceptres de carton ; l'or roule, le vin ruisselle, la débauche froide lève sa robe et remue... horreur ! horreur ! Et puis, il y a sur tout cela un voile dont chacun prend sa part et se cache le plus qu'il peut. Dérision ! horreur ! horreur !

    extrait de Mémoires d'un fou, Gustave Flaubert

    0 comment | 26/06/2011

    Encore!!!

    http://www.youtube.com/watch?v=aVAiF15vV6c&feature=related
    0 comment | 24/06/2011

    LA QUÊTE

    http://www.youtube.com/watch?v=U2kn0Q3UHOc    
    285 comment | 24/06/2011

    0 comment | 20/06/2011

    372 comment | 20/06/2011

    0 comment | 20/06/2011

    Ah ça!

    http://youtu.be/BsKTLQdMl24
    0 comment | 20/06/2011

    Chapelier Fou

    Coraline m'a fait découvrir ça et selon nous, "entendre la forêt pousser", cela se rapproche assez du sentiment baalien du monde... http://www.youtube.com/watch?v=SUY4jwJ9XHM
    568 comment | 25/05/2011

    Alain Badiou

    http://www.dailymotion.com/video/x9eisb_entretien-integral-d-alain-badiou-2_news#from=embedintegrale Entretien en 2009 avec le philosophe Alain Badiou sur Rue 89 : après la crise, la fin du capitalisme ? Une autre société est-elle possible ?
    302 comment | 21/05/2011

    dixit an artist…

    Truth is not exactness. But the sincere expression of an artist's feeling in the face of reality.
    358 comment | 13/05/2011

    Le roi peste

    Une superbe nouvelle à lire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Roi_Peste De monsieur Edgar Allan Poe
    492 comment | 10/05/2011

    le chien

    http://www.youtube.com/watch?v=piPxjgHtG38
    630 comment | 01/05/2011

    La lignée Coltrane : une cuvée d’exception

    Éteignez vos MP3, lecteur CD ou autre walkman et ouvrez vos esgourdes. Je viens vous conter l'histoire de la famille Coltrane, John, Alice et leur petit dernier Ravi. Un beau jour les dieux du Jazz, nommés Sydney Bechet et Louis Armstrong, se penchèrent sur le berceau de John et Alice et leur firent don d'un saxophone et d'une harpe magique. Quelques années plus tard, et après moult parties de jambes en l'air, naquit Ravi, né sur scène lors d'un concert , une clarinette dans la bouche en guise de totote, le saxophone étant en effet trop volumineux pour un nourisson (Pour la petite histoire, sachez que son père qui ne voulait en aucun cas voir son fils avec un instrument plus adapté à la gente féminine, lui offrit plus tard un saxophone ténor afin de réparer l'injustice). Mais trêve de bavardages, écoutons-les nous parler, dans leur langue si particulière, inconnue de tous et pourtant universelle. Dans la famille Coltrane, je voudrais le père : http://www.youtube.com/watch?v=S1GrP6thz-k&feature=related La mère : http://www.youtube.com/watch?v=hFDiXszQeVY Et le fils : http://www.youtube.com/watch?v=uAP1Jz8rONc Prochain rendez-vous avec la famille Shankar.
    363 comment | 24/04/2011

    Pour Maman

    http://www.dailymotion.com/video/x61isz_94-1-gaspar-claus-et-pedro-soler-e_music
    390 comment | 24/04/2011

    Baal dixit

    "Si vous êtes trop paresseux, pas de plaisir. Ce que l'on veut, dit Baal, c'est ce qu'il nous faut faire. Si vous faites des saletés, notez-le bien, C'est mieux, dit Baal, que de ne rien faire du tout." ... Baal aurait pu être le parrain de la promotion 10/11 !
    590 comment | 23/04/2011

    Je crois aux miracles

    Le débat sur la laïcité, ou du moins sur la place de la religion et sur la tolérance, a rebondi là où on ne l'attendait pas, autour d'une œuvre d'art d'Andres Serrano jugée blasphématoire par des catholiques à Avignon. Dimanche, cette œuvre a été détruite par des militants qui se sont introduits dans le musée tandis qu'était organisée une manifestation de protestation de plusieurs centaines de catholiques intégristes devant le musée d'art contemporain privé d'Avignon qui présente la collection du galeriste parisien Yvon Lambert. L'œuvre, intitulée "Piss Christ", une photographie de l'artiste new-yorkais afro-cubain Andres Serrano représentant un crucifix plongé dans un verre d'urine, n'est pas nouvelle : elle date de 1987, et suscite la polémique régulièrement lorsqu'elle est montrée, notamment de la part des évangélistes américains, même si Serrano lui-même se dit croyant et « fasciné » par la foi catholique. Elle avait toutefois été montrée il y a deux ans au Centre Pompidou sans faire de vagues. L'oeuvre était présentée à Avignon dans le cadre d'une exposition judicieusement nommée « Je crois aux miracles », marquant le dixième anniversaire de l'installation de la collection Lambert à Avignon, la cité des papes.
    550 comment | 23/04/2011

    Le cygne de Camille Saint Saëns revisité

    http://www.youtube.com/watch?v=C9jghLeYufQ La collaboration entre un violoncelliste, Yo-Yo Ma, et un breakdancer, Lil Buck, pour une nouvelle vision de l'oeuvre de Camille Saint Saëns. Mélange de la musique classique et du hip-hop : magnifique.
    609 comment | 23/04/2011

    VOLVER

    http://www.youtube.com/watch?v=vY7sabq_C1U&feature=related
    276 comment | 22/04/2011

    Amour Mort Corps Nu

    Je suis très surpris que les hommes ne voient pas dans la nudité d'abord la mort, mais l'amour. Ne voient-ils pas dans le baiser le fond du crâne, dans le pénis l'artère qu'on peut trancher ? (quant à moi je suis surpris toujours qu'il en jaillisse du sperme et non du sang comme il serait naturel) dans la cuisse l'amputation ? dans le cheveu l'odeur du porc grillé ? dans le corps entier son écorché ? dans la main la prothèse ? le ventre la pourriture fécale ? la nuque la hache ? les hanches le trou fémoral ? le buste les poumons éclatés contre le pare-brise ? l'anus le pal ou la merde au choix ? Quant à moi je ne peux faire autrement. Quelle admirable volonté d'ignorance l'homme n'exerce-t-il pas envers non la mort mais le fait inéluctable du mortel dans le vivant. Il ignore sa matière superbement, il la circonscrit avec des mots. Il chie des mots pour oublier non sa merde mais que merde il est, temporairement vivante, asticotée par la mort. Jean-Michel Rabeux Les Charmilles et les morts
    357 comment | 20/04/2011

    Conneries

    Jeune goinfre Casquette De moire, Quéquette D'ivoire, Toilette Très noire, Paul guette L'armoire, Projette Languette Sur poire, S'apprête Baguette, Et foire Arthur Rimbaud
    378 comment | 20/04/2011

    « l’artiste Ai Weiwei est toujours maintenu en détention »

    Arrêté le 2 avril à l'aéroport de Beijing par les autorités chinoises, alors qu'il embarquait pour Hong Kong, l'artiste Ai Weiwei est toujours maintenu en détention, tandis que sa maison et son atelier ont été fouillés, ses ordinateurs saisis, et que ses collaborateurs ont subi des interrogatoires. Sa famille et ses amis sont toujours sans nouvelles de lui, ainsi que de Wen Tao, l'ami qui l'accompagnait.

    Assigné à résidence il y a quelques mois, censuré, persécuté pour ses prises de position politiques, l'artiste est aujourd'hui accusé de « crime économique », en particulier de fraude fiscale, mais aussi de pornographie et même de bigamie (accusation fallacieuse liée à un enfant de l'artiste né hors mariage).

    Depuis deux semaines, de nombreuses voix du monde de l'art se sont fait entendre pour protester vivement contre cette arrestation — celles notamment de directeurs de grands musées comme Alfred Pacquement, directeur du Musée national d'Art moderne, Philippe Vergne, qui dirige la Dia Art Foundation à New York, Julia Peyton-Jones et Hans Ulrich Obrist, directeurs de la Serpentine Gallery de Londres, ou Nicholas Serota, directeur de la Tate Modern, où Ai Weiwei expose actuellement ses Sunflower Seeds (jusqu'au 2 mai) et qui porte sur sa façade le message « Release Ai Weiwei ». Le Guggenheim Museum de New York a lancé une pétition, et des affiches et graffitis en soutien à Ai Weiwei ont commencé à apparaître en Chine et à Hong Kong. Les autorités chinoises continuent toujours cependant à faire la sourde oreille.

    364 comment | 16/04/2011

    Reprise du film « Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch » aux Mk2 Beaubourg et Hautefeuille ! Si vous ne l’avez pas encore vu, ne le ratez pas !

    http://www.dailymotion.com/video/xf63oa_les-reves-dansants-bande-annonce_shortfilms En 2008, Pina Bausch, quelques mois avant sa mort, décide de reprendre son fameux spectacle Kontakthof, non plus avec sa troupe, mais avec des adolescents de 14 à 18 ans qui ne sont jamais montés sur scène et n'ont jamais dansé. Ce documentaire est leur histoire...
    419 comment | 16/04/2011

    L’héautontimorouménos

    Je te frapperai sans colère Et sans haine, — comme un boucher ! Comme Moïse le rocher, — Et je ferai de ta paupière, Pour abreuver mon Saharah, Jaillir les eaux de la souffrance ; Mon désir gonflé d'espérance Sur tes pleurs salés nagera Comme un vaisseau qui prend le large, Et dans mon cœur qu'ils soûleront Tes chers sanglots retentiront Comme un tambour qui bat la charge ! Ne suis-je pas un faux accord Dans la divine symphonie, Grâce à la vorace Ironie Qui me secoue et qui me mord ? Elle est dans ma voix, la criarde ! C'est tout mon sang, ce poison noir ! Je suis le sinistre miroir Où la mégère se regarde. Je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau ! Je suis de mon cœur le vampire, — Un de ces grands abandonnés Au rire éternel condamnés, Et qui ne peuvent plus sourire ! Charles Baudelaire
    596 comment | 16/04/2011

    Brassens ou la liberté

    Né en 1921, décédé en 1981, Georges Brassens est doublement fêté en 2011. La Cité de la musique lui rend un hommage tout particulier, visant, au-delà des images stéréotypées, à le faire découvrir sous un angle inédit, parfois surprenant. Tout le monde connaît Georges Brassens, en France, mais aussi à travers le monde ; tout le monde a siffloté un jour ses chansons les plus célèbres, Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, Auprès de mon arbre et bien d’autres. Mais sous ces aspects aujourd’hui consensuels et fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur des grandes figures de la poésie française, de François Villon à Baudelaire et jusqu’à son contemporain Paul Fort ; un grand timide mal à l’aise sur scène, mais aussi un formidable musicien pétri du swing et amoureux de Charles Trenet ; un anarchiste qui choisira une voie solitaire et individuelle plutôt que les combats collectifs, sans renier ses convictions, s’opposant à la guerre, à la morale bien-pensante ou à l’arbitraire de la justice ou de la police. Comment exposer Brassens ? Comment évoquer une personnalité si populaire mais si volontairement peu spectaculaire ? Si prolixe et riche dans ses textes et si secret dans son mode de vie ? La Cité de la musique a voulu, au-delà des images stéréotypées, le faire découvrir sous un angle inédit et parfois surprenant. Elle a demandé au dessinateur et auteur Joann Sfar, ainsi qu’à la journaliste Clémentine Deroudille, de transmettre leur passion pour Brassens. Les commissaires proposent un parcours à la fois ludique et didactique, incitant à la déambulation au milieu d’une forêt d’arbres, où le public découvrira des documents inédits, manuscrits et carnets exceptionnellement confiés par la famille et les proches du chanteur, et également des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies, des guitares... La scénographie de cette première rétrospective consacrée à l’artiste a été confiée à des artistes-décorateurs de cinéma qui ont imaginé un écrin fait de matériaux bruts et de tulles tendus, créant plusieurs atmosphères. On découvrira un Brassens immortalisé par les photographes Robert Doisneau, Jean-Pierre Leloir et Pierre Cordier. Les dessins de Joann Sfar, répartis tout au long du parcours, sont à l’image de son univers : sagace, drôle, déroutant. Mis en scène par le graphiste Philippe Ravon, ils dialoguent avec les oeuvres ; illustratifs, monumentaux, ils éclairent à leur façon la vie de Brassens et racontent des histoires – celles qui ont émaillé la vie du chanteur comme celles que le dessinateur a imaginées pour le public. À travers cette exposition, le monde de Brassens rencontre la vision éclectique, fantaisiste et irrévérencieuse de Joann Sfar. Le parcours musical de l’exposition offre au public le Brassens qu’il aime et d’autres pépites inédites. Il permet d’entendre des archives sonores méconnues réunies par Clémentine Deroudille, et un univers musical confié au musicien Olivier Daviaud, rassemblant de nombreuses chansons de l’artiste, mais aussi plusieurs textes inédits mis en musique pour l’exposition avec les participations de François Morel et Bertrand Belin. http://culturebox.france3.fr/#/exposition/33853/brassens-ou-la-liberte-a-la-cite-de-la-musique-de-paris http://www.dailymotion.com/video/xh5wp0_championnat-du-monde-des-brassens-1-joann-sfar_music
    415 comment | 16/04/2011

    Les mots fétiches de Michel Audiard

    http://www.dailymotion.com/video/x2b3p1_les-mots-fetiches-de-michel-audiard_shortfilms Montage de séquences des films de la grande époque de Michel Audiard, entre 1956 et 1977 : les mots, les phrases, les scènes qui reviennent régulièrement, qui nous sont familiers et qui composent le style si original du dialoguiste.
    582 comment | 16/04/2011

    « On y voit rien », pourtant il y a tout à y voir, mais ne voyons pas ce qu’on ne montre pas.

    « Le rien est l’objet du désir » : une analyse du Verrou de Fragonard par Daniel Arasse : « Le Verrou de Fragonard a été pour moi l’occasion d’une assez grande surprise. Le tableau est de dimensions moyennes. Sur la droite, le jeune homme enlace la jeune femme, et de la main droite pousse le verrou du bout du doigt, ce qui est assez irréaliste. La jeune femme serrée contre lui se pâme et le repousse. Toute la partie gauche du tableau est occupée par un lit dans un extraordinaire désordre : les oreillers épars, les draps défaits, le baldaquin qui pend. [...] Il n’y a pas de sujet dans cette partie du tableau, juste des drapés, des plis, donc finalement de la peinture. Cette partie gauche du tableau de Fragonard, ce rien, est un détail qui prend tout de même la moitié de la toile et qui est lui-même composé d’une multiplicité de détails qu’on pourrait démultiplier à leur tour. [...] Or ce n’est rien d’autre que de la peinture, du drapé, et l’on sait bien que le drapé est le comble de la peinture. Être confronté à l’innommable est aussi ce qui m’a passionné dans Le Verrou. Nommer le lit comme genou, sexe, sein, sexe masculin dressé, est scandaleux, car c’est précisément ce que ne fait pas le tableau. Il ne le dit pas, ne le montre même pas, à moi de le voir ou non. Je suis donc confronté à l’innommable, non parce que la peinture est dans l’indicible, ce qui impliquerait une notion de supériorité, mais parce qu’elle travaille dans l’innommable, dans l’en deçà du verbal. Et pourtant, ça travaille la représentation, mais dès que je nomme, je perds cette qualité d’innommable de la peinture elle-même. » Daniel Arasse.
    344 comment | 15/04/2011

    quelques mots inspirés par Baal et Rimbaud

    langue large fioriture langue suave rire luxure rituel alangui lire sous la toiture mansarde dans l'oubli dessous, le cœur qui darde cygne blanc dans mon lit son cœur est une écharde qui tache mes draps blancs coule ses cuisses le sang sacrificiel nuage lascif et volupté je reviens sur son sein bouton rose à téter rire et jouer encore, toujours, et respirer claire b.
    613 comment | 10/04/2011

    sans commentaire…

    Jamais le « désir de théâtre » n’a été aussi présent et multiple dans le pays de démocratisation culturelle. Et dans le même temps, jamais la culture n’aura été aussi violemment ébranlée que durant la décennie écoulée. La situation des écoles de théâtre et... de danse illustre parfaitement cet apparent paradoxe. la logique des maîtres, largement discrédités et soupçonnés, considérés comme la trace d’un monde dépassé, et pour tout dire autoritaire, voire réactionnaire. En liquidant les maîtres, c’est toute possibilité d’héritage qui se trouve du même coup interdite, remplacée par une logique d’universitarisation de l’enseignement théâtral, par l’accumulation de modules de compétences sans véritable lien organique. Et c’est l’autre symptôme grave de cette crise de la transmission : l’état catastrophique dans lequel sont maintenues les universités françaises, méprisées par les élites comme une sous formation, supplantée par les grandes écoles pour reproduire les classes dirigeantes de la nation, et reléguée au rang de salle d’attente pour occuper les corps et l’esprit de milliers de jeunes qui pendant cette « occupation » ne viennent pas alourdir les statistiques hautement sensibles du chômage. L’un des moyens immédiats pour comprendre le dramatique effondrement de l’université nous est donné par les enseignements artistiques qui y sont censément délivrés, dans les départements d’ « Arts du spectacle » (théâtre, danse, cinéma) qui émaillent le territoire. Au lieu de favoriser l’exercice de la pensée par l’introduction réelle d’un corps étranger (et la triple expérience de la scène, du corps et de l’image en est un, c’est le moins que l’on puisse dire), tout est fait pour que la rencontre de la théorie avec la pratique n’ait lieu que de manière biaisée, formelle et parfaitement vaine. Dans un contexte riche en questions, on sent bien que les différentes écoles de la scène cherchent à prendre position. Il leur faudra en effet trancher dans les contradictions : maîtres ou professeurs, écoles ou universités, technique ou création ? Le paysage des écoles est porteur de promesses autant que d’inquiétudes. Et l’époque, pleine de tiraillements entre l’offre généreuse et un horizon d’attente pour le moins brouillé, est sans aucun doute propice à la réflexion commune. Bruno TACKELS (mouvement, Extrait) tant de choses à dire mais surtout tant de choses à faire... au LFTP nous avons décidé de "faire" pour "dire". chercher, créer, montrer.
    544 comment | 10/04/2011

    Pierrot

    Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air Qui riait aux aïeux dans les dessus de porte ; Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas! est morte, Et son spectre aujourd'hui nous hante, mince et clair. Et voici que parmi l'effroi d'un long éclair Sa pâle blouse a l'air, au vent froid qui l'emporte, D'un linceul, et sa bouche est béante, de sorte Qu'il semble hurler sous les morsures du ver. Avec le bruit d'un vol d'oiseaux de nuit qui passe, Ses manches blanches font vaguement par l'espace Des signes fous auxquels personne ne répond. Ses yeux sont deux grands trous où rampe du phosphore Et la farine rend plus effroyable encore Sa face exsangue au nez pointu de moribond. Paul verlaine
    600 comment | 09/04/2011

    Besoin d’aide

    http://www.youtube.com/watch?v=JLwV0rFp8BE Montage et vidéo: Alistair Creaser et Charles d'Oiron Musique: Charles d'Oiron
    284 comment | 03/04/2011

    J’y suis j’y reste

    http://www.youtube.com/watch?v=iMgywRMe3sk Image: inconnu Musique et montage: Charles d'Oiron
    590 comment | 03/04/2011

    Petite Fugue

    http://www.youtube.com/watch?v=2S4VTqeyN0Q&feature=related Image: Frères Lumières Musique et montage: Charles d'Oiron
    250 comment | 03/04/2011

    Toujours debout Lftp

    http://www.youtube.com/watch?v=DBb80OCvAkQ&feature=related Images: Frères Lumières Musique / Montage: Charles d'Oiron
    359 comment | 03/04/2011

    Voyage

    http://www.youtube.com/watch?v=zU6INi08XVc Film réalisé et monté entièrement avec un iphone Charles d'Oiron
    482 comment | 03/04/2011

    Peinture et eau

    http://www.youtube.com/watch?v=A-yxkdbQftc La peinture sur eau : impressionnant !
    544 comment | 03/04/2011

    Peinture : et si on laissait faire la gravité ?

    http://www.youtube.com/watch?v=rqoz4l2YFHw&feature=related Holton Rower, artiste, peintre, sculpteur américain joue avec le visuel en créant une cascade de couleurs psychédéliques. Entre concept, sculpture, peinture, Holton Rower ne semble entrer dans aucune case en maîtrisant le concept de la coulure. Une performance qui met en relation le mouvement, le visuel, et la peinture pour si figer quelques après. Pour plus de renseignements rendez vous sur http://holtonrower.com/
    0 comment | 03/04/2011

    Le scarabée

    "Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal. Pourtant, le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard : le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères. Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il œuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté." Wajdi Mouawad
    624 comment | 03/04/2011

    Joy Of Destruction

    http://vimeo.com/13867736 A film about the human drive to destroy and the absurd entertaining value that's attached to it. By Laura Junger & Xaver Xilophon paper collage & stop motion | KHB Weißensee 2010
    467 comment | 29/03/2011

    Cher papa…

    Cher Papa, Quand tu seras debout au-dessus de ma tombe Vieux fatigué solitaire Que tu verras mon corps se recouvrir de terre Toi en haut, papa, et moi dans la pénombre N’essaie pas de prendre une posture inspirée Tête haute regard fier Profite, papa de notre ultime chair à chair Bientôt tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer Ne retiens pas tes larmes oublie la dignité Ne joue pas les vainqueurs Demande-toi, papa, si c’est à ton honneur D’avoir soudain un fils étendu à tes pieds Ne parle surtout pas de ton grand sacrifice Le sacrifice c’est moi seul qui l’ai fait Garde tes grands mots, papa, ils seront sans effets Je n’entendrai plus rien au fond du précipice Cher Papa Quand tu seras debout au-dessus de ma tombe Vieux fatigué solitaire Que tu verras mon corps se recouvrir de terre Papa, demande-moi pardon. Chanson extraite de Reine de la salle de bains Hanokh Levin
    549 comment | 28/03/2011

    Park Chan Wook et son iphone

    http://www.youtube.com/watch?v=OgDMBvRjDb0&feature=player_embedded#at=108 merci à Thomas Cazals pour ce partage.
    418 comment | 27/03/2011

    quand un ego à lui seul peut effacer une culture entière…

    Je voulais partager cette triste nouvelle et m'indigner un peu (avec vous je l'espère) à son sujet ; les cinémas actions école ont été revendus à Jean-Pierre Mocky, qui compte utiliser l'un des deux cinémas (il y en a deux seulement dans Paris diffusant des vieux films) pour diffuser ses propres films. Même si ses prétentions sont certes louables (redynamiser les deux petites salles...) et ses films certes intéressants, il n'empêche que  jusqu'alors, les actions école étaient les seuls cinémas où l'on pouvait voir sur grand écran de vieux films classiques (américains et autres). J'y ai découvert pour ma part mon amour pour Fritz Lang, j'y ai vécu mon premier coup de foudre pour Cabaret, et tant d'autres choses encore, de bons moments partagés dans ces salles uniques et tellement confortables pour un si petit prix (2euros la place pour les abonnés). Enfin, mes arguments sont sans nul doute influencés par mon sentiment très attaché pour ce cinéma, et malgré la perspective qu'on nous laisse entrevoir d'un regain de ces salles, je reste tout de même suspecte et contrariée... http://www.leparisien.fr/paris-75/jean-pierre-mocky-s-offre-l-action-ecoles-26-02-2011-1332036.php
    347 comment | 21/03/2011

    LE HAPPENING: traiter la question fondamentale formulée par rimbaud « le dérèglement de tous les sens »

    Notre activité du moment _construire un happening_ est l'occasion de se cultiver sur les origines de cet acte artistique! A l’occasion de l’exposition "Soulèvements" de Jean-Jacques Lebel à La Maison rouge, à Paris jusqu'au 17 janvier 2010, le réalisateur Gilles Nadeau s’est entretenu avec Jean-Jacques Lebel. Ancien collaborateur de la Quinzaine littéraire, Jean-Jacques Lebel est l'introducteur, dans les années soixante, du Happening en France dont il s'est fait le défenseur dans son ouvrage publié dans la "Les lettres Nouvelles". Rencontre avec celui qui a rencontré André Breton, les poètes de la Beat Generation, Gilles Deleuze et Félix Guattari, qui a chroniqué John Cage, Julian Beck et a rendu hommage lors de leur disparition à André Breton, Lam et Joyce Mansour. Et qui se définit lui-même comme un accumulateur, un rassembleur, un collectionneur, un organisateur de manifestations, d’expositions ou de festivals internationaux. Artiste, poète, théoricien, activiste politique, il écrit, filme, édite, coordonne, s’engage dans des processus collectifs. http://vimeo.com/7728449
    489 comment | 19/03/2011

    Family portrait – Zhang Huan

    Family portrait est une série de photographies par l’artiste chinois Zhang Huan. Pour ce travail, il a demandé à 3 calligraphes d’écrire sur son visage du matin jusqu’au soir. Au fil de la journée, le visage de l’artiste s’est couvert d’idéogrammes évoquant des histoires traditionnelles chinoises, et a fini par disparaître sous l’encre. Un travail sur la dissolution de l’identité et les racines culturelles. « More culture is slowly smothering us and turning our faces black. It is impossible to take away your inborn blood and personality. (…) My face followed the daylight till it slowly darkened. I cannot tell who I am. My identity has disappeared. «

    Le site de Zhang Huan : http://www.zhanghuan.com

    269 comment | 19/03/2011

    Othello – Entretien avec T.Ostermeier

    http://www.youtube.com/watch?v=WwUO9xoNnTE Ostermeier secoue Shakespeare Deux ans après un Hamlet détonnant, qui ne faisait pas que feindre la folie, Thomas Ostermeier s’empare d’un autre personnage fascinant de la galerie shakespearienne : le jaloux Othello. Avec lui, Iago, Cassio, Desdémone... qui joueront tous ensemble la tragédie d’une société faussement ouverte et tolérante. Après Démons de Lars Noren, avec maintenant la jalousie d’Othello, vous vous attaquez à des pièces sur le couple… Thomas Ostermeier : Pour moi, Othello est une tragédie d’amour mais aussi une pièce politique et sociale. Othello est un étranger dans une société où règne l’élite de l’aristocratie vénitienne. Il acquiert le statut de gouverneur de Chypre à force de luttes et de combats, mais n’arrive pas à se croire légitime pour épouser une fille des classes dominantes. La question essentielle pour lui est : puis-je avoir confiance dans mon bonheur après cette vie traversée de tant de violences ? Exit donc le thème central de la jalousie ? T.O : Pour moi, le grand jaloux dans cette pièce n’est pas Othello mais Iago. En effet, il réagit comme un homme éconduit dans une relation amoureuse. Je le crois réellement amoureux d’Othello. Mais ce dernier choisit Cassio pour officier, sans doute parce que Iago est un étranger lui aussi : il est espagnol. Il y a là une véritable trahison dans le combat social pour le pouvoir et la conséquence d’un racisme insidieux. La question du racisme se pose plus généralement à propos du maure Othello ? T.O : La société vénitienne dit qu’elle n’est pas raciste, ce qui est vrai puisqu’elle permet à Othello de devenir gouverneur de Chypre. Mais à l’image de notre société européenne, ce racisme sourd sous un discours de tolérance et d’ouverture. Et il ressurgit à l’occasion de luttes sociales, de crises politiques ou économiques. C’est le cas dans la pièce à l’occasion du combat entre Iago et Cassio. Mais ce racisme est aussi intériorisé par Othello. Pourquoi ne parle-t-il pas à Desdémone ? Pourquoi ne lui fait-il pas confiance ? Parce que sa vie s’est construite dans la lutte violente contre l’exclusion, si bien qu’il ne peut croire à son bonheur. Sa classe est à jamais inscrite dans son visage. « Ma fascination pour Shakespeare ne fait que commencer. » On sait votre faculté à faire théâtre politique de textes classiques, cette dimension primera-t-elle dans votre mise en scène d’Othello ? T.O : Les rapports dans Othello reflètent une hiérarchisation sociale très militaire et une domination masculine qui sont encore de mise. Comme aujourd’hui, certains font des guerres pour des raisons économiques, et excluent des catégories de population pour garder le pouvoir entre leurs mains. Il ne s’agit pas que des étrangers, mais aussi des femmes, des personnes âgées… Et l’on avance toujours les mêmes explications politiques, où les forts condamnent les faibles, quand on rejette par exemple aujourd’hui sur l’Afrique la responsabilité des inégalités économiques dont elle est victime. Cependant, dans le déroulé de sa dramaturgie, Othello est tout d’abord une pièce politique, puis privée, et à nouveau politique. Et au-delà de la jalousie, je trouve que l’amour en est l’émotion de base. Quatre couples y ont chacun une vision différente de l’amour : Othello et Desdémone s’aiment loyalement, Cassio, lui, va régulièrement voir des prostituées, tandis que Iago est avec Emilia depuis dix ans, mais en investissant toute sa libido dans sa vie professionnelle. Deux ans après Hamlet, pourquoi revenir si vite vers Shakespeare ? T.O : Avec les pièces de Shakespeare, on commence toujours avec une certaine idée dans la tête. Puis, quand on répète, on découvre qu’il était très proche du plateau, que ce qu’on ne comprend pas à la lecture, on le comprend sur scène. Il y a une profondeur des questionnements et un approfondissement progressif des thématiques qui sont proprement bouleversants. Avec beaucoup d’auteurs, on reste dans une première chambre, mais avec Shakespeare, on découvre une deuxième, puis une troisième pièce, et on n’en a jamais fini. Ma fascination pour ses œuvres ne fait que commencer. Propos recueillis par Eric Demey (Extrait du Journal La Terrasse)
    305 comment | 17/03/2011

    http://www.youtube.com/watch?v=ZK0OhdDlAiQ&feature=related
    344 comment | 17/03/2011

    Serge!

    "Occupation favorite: écouter pousser ma barbe." Gainsbourg
    451 comment | 17/03/2011

    Résistance des corps

    "Il y avait un des corps au cinéma avant le cinéma des corps comme il y avait un cinéma intellectuel (Eisenstein) avant le cinéma du cerveau (Resnais). Ce qui change le rapport au corps dans le cinéma moderne c'est que le corps est filmé avant sa mise en action pour résoudre une situation, qu'il est filmé comme un corps qui résiste. "Donnez moi donc un corps" : c'est la formule du renversement philosophique. Le corps n'est plus l'obstacle qui sépare la pensée d'elle-même, ce qu'elle doit surmonter pour arriver à penser. C'est au contraire ce dans quoi elle plonge ou doit plonger pour atteindre à l'impensé, c'est à dire à la vie. Non pas que le corps pense, mais obstiné, têtu, il force à penser, et force à penser ce qui se dérobe à la pensée c'est à dire la vie. Les catégories de la vie, ce sont précisément les attitudes du corps. "Nous ne savons même pas ce que peut un corps : dans son sommeil, dans son ivresse, dans ses efforts et ses resistances. Le corps n'est jamais au présent, il contient l'avant et l'après, la fatigue, l'attente. La fatigue, l'attente, même le désespoir sont des attitudes du corps". Le cinéma des corps s'oppose à l'image-action. Celle-ci suppose un espace dans lequel se distribuent les fins, les obstacles, les moyens, les subordinations, le principal et le secondaire. Le corps est pris dans un autre espace, où les ensembles disparates se recouvrent et rivalisent sans pouvoir s'organiser suivant des shemes sensori-moteurs. Ils s'appliquent l'un sur l'autre, dans un chevauchement des perspectives, qui fait qu'il n'y a pas moyen de les discerner bien qu'ils soient distincts et même incompatibles. C'est l'espace d'avant l'action, toujours hanté par un enfant ou un pitre, ou par les deux à la fois." http://www.cineclubdecaen.com/analyse/histoire11corps.htm
    317 comment | 13/03/2011

    Kantor

    http://www.youtube.com/watch?v=m5TTQOxOm44&feature=related celui qui influence...
    0 comment | 07/03/2011

    Une saison en enfer: Délires II

    Je devins un opéra fabuleux : je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur : l'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle. À chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues. Ce monsieur ne sait ce qu'il fait : il est un ange. Cette famille est une nichée de chiens. Devant plusieurs hommes, je causai tout haut avec un moment d'une de leurs autres vies. - Ainsi, j'ai aimé un porc. Aucun des sophismes de la folie, - la folie qu'on enferme, - n'a été oublié par moi : je pourrais les redire tous, je tiens le système. Ma santé fut menacée. La terreur venait. Je tombais dans des sommeils de plusieurs jours, et, levé, je continuais les rêves les plus tristes. J'étais mûr pour le trépas, et par une route de dangers ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie, patrie de l'ombre et des tourbillons. Je dus voyager, distraire les enchantements assemblés sur mon cerveau. Sur la mer, que j'aimais comme si elle eût dû me laver d'une souillure, je voyais se lever la croix consolatrice. J'avais été damné par l'arc-en-ciel. Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver : ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté. Le Bonheur ! Sa dent, douce à la mort, m'avertissait au chant du coq,- ad matutinum, au Christus venit,- dans les plus sombres villes
    338 comment | 07/03/2011

    Un jour, tu verras…

    Dans mes recherches pour ma "Traversée" j'écoute de la musique et je tombe sur cette chanson de Mouloudji reprise par Jacques Dutronc et je ressens l'envie soudaine de partager avec vous les paroles... (je n'ai pas trouvé de vidéo mais vous pouvez toujours l'écouter sur deezer: http://www.deezer.com/fr/music/jacques-dutronc/un-jour-tu-verras-TFRZ080300080#music/jacques-dutronc Un jour tu verras On se rencontrera Quelque part, n'importe où Guidés par le hasard Nous nous regarderons Et nous nous sourirons Et la main dans la main Par les rues nous irons Le temps passe si vite Le soir cachera bien Nos cœurs, ces deux voleurs Qui gardent leur bonheur Puis nous arriverons Sur une place grise Où les pavés seront doux A nos âmes grises Il y aura un bal Très pauvre et très banal Sous un ciel plein de brume Et de mélancolie Un aveugle jouera D'l'orgue de Barbarie Cet air pour nous sera Le plus beau, le plus joli Puis je t'inviterai Ta taille je prendrai Nous danserons tranquilles Loin des bruits de la ville Nous danserons l'amour Les yeux au fond des yeux Vers une fin du monde Vers une nuit profonde Un jour tu verras On se rencontrera Quelque part, n'importe où Guidés par le hasard Nous nous regarderons Et nous nous sourirons Et la main dans la main Par les rues nous irons
    296 comment | 05/03/2011

    danser la musique, théâtraliser la danse

    en l'honneur de ce nouveau stage de danse qui commence... http://www.youtube.com/watch?v=UZL4PsV0eh0 http://www.youtube.com/watch?v=WeIcrG3Cmwo&feature=related http://www.youtube.com/watch?v=hdGyeU-7XiU&feature=related http://www.youtube.com/watch?v=hdoF2yJzr2I&feature=related
    248 comment | 02/03/2011

    Danse ou théâtre ?

    Veille du premier jour de notre nouveau stage de danse avec Julien Desplantez, je publie cette vidéo, extrait de la création Le Songe de Médée de Preljocaj, danseur-chorégraphe installé avec sa compagnie à Aix-en-Provence. Je trouve son travail intéressant par rapport à notre recherche: comment danser une scène de théâtre? Si la vidéo vous donne envie d'en voir plus, aller sur son site: http://www.preljocaj.org/index.php http://www.youtube.com/watch?v=_KO2FtcW55k
    442 comment | 01/03/2011

    Une chanson de Léo Ferré

    Ne plus écrire enfin attendre le signal Celui qui sonnera doublé de mille octaves Quand passeront au vert les morales suaves Quand le Bien peignera la crinière du Mal Quand les bêtes sauront qu'on les met dans des plats Quand les femmes mettront leur sang à la fenêtre Et hissant leur calice à hauteur de leur maître Quand elles diront : "Bois en mémoire de moi" Quand les oiseaux septembre iront chasser les cons Quand les mecs cravatés respireront quand même Et qu'il se chantera dedans les hachélèmes La messe du granit sur un autel béton Quand les voteurs votant se mettront tous d'accord Sur une idée sur rien pour que l'horreur se taise Même si pour la rime on sort la Marseillaise Avec un foulard rouge et des gants de chez Dior Alors nous irons réveiller Allende Allende Allende Allende Quand il y aura des mots plus forts que les canons Ceux qui tonnent déjà dans nos mémoires brèves Quand les tyrans tireurs tireront sur nos rêves Parce que de nos rêves lèvera la moisson Quand les tueurs gagés crèveront dans la soie Qu'ils soient Président-ci ou Général de ça Quand les voix socialistes chanteront leur partie En mesure et partant vers d'autres galaxies Quand les amants cassés se casseront vraiment Vers l'ailleurs d'autre part enfin et puis comment Quand la fureur de vivre aura battu son temps Quand l'hiver de travers se croira au printemps Quand de ce Capital qu'on prend toujours pour Marx On ne parlera plus que pour l'honneur du titre Quand le Pape prendra ses évêques à la mitre En leur disant: "Porno latin ou non je taxe" Quand la rumeur du temps cessera pour de bon Quand le bleu relatif de la mer pâlira Quand le temps relatif aussi s'évadera De cette équation triste où le tiennent des cons Qu'ils soient mathématiques avec Nobel ou non C'est alors c'est alors que nous réveillerons Allende Allende Allende Allende...
    262 comment | 27/02/2011

    Une chanson de Boris Vian

    Je voudrais pas crever Avant d'avoir connu Les chiens noirs du Mexique Qui dorment sans rêver Les singes à cul nu Dévoreurs de tropiques Les araignées d'argent Au nid truffé de bulles Je voudrais pas crever Sans savoir si la lune Sous son faux air de thune A un coté pointu Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre Sans avoir essayé De porter une robe Sur les grands boulevards Sans avoir regardé Dans un regard d'égout Sans avoir mis mon zobe Dans des coinstots bizarres Je voudrais pas finir Sans connaître la lèpre Ou les sept maladies Qu'on attrape là-bas Le bon ni le mauvais Ne me feraient de peine Si si si je savais Que j'en aurai l'étrenne Et il y a z aussi Tout ce que je connais Tout ce que j'apprécie Que je sais qui me plaît Le fond vert de la mer Où valsent les brins d'algues Sur le sable ondulé L'herbe grillée de juin La terre qui craquelle L'odeur des conifères Et les baisers de celle Que ceci que cela La belle que voilà Mon Ourson, l'Ursula Je voudrais pas crever Avant d'avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux J'en dis pas plus faut bien Rester révérencieux Je voudrais pas mourir Sans qu'on ait inventé Les roses éternelles La journée de deux heures La mer à la montagne La montagne à la mer La fin de la douleur Les journaux en couleur Tous les enfants contents Et tant de trucs encore Qui dorment dans les crânes Des géniaux ingénieurs Des jardiniers joviaux Des soucieux socialistes Des urbains urbanistes Et des pensifs penseurs Tant de choses à voir A voir et à z-entendre Tant de temps à attendre A chercher dans le noir Et moi je vois la fin Qui grouille et qui s'amène Avec sa gueule moche Et qui m'ouvre ses bras De grenouille bancroche Je voudrais pas crever Non monsieur non madame Avant d'avoir tâté Le goût qui me tourmente Le goût qu'est le plus fort Je voudrais pas crever Avant d'avoir goûté La saveur de la mort... Boris Vian
    293 comment | 26/02/2011

    Rester toujours en éveil

    Voici un texte de Georges Perec (qui était un Oulipien au passage...) que j'ai lu récemment et qui m'a fait penser à tout ce que je pense de la posture que l'artiste doit avoir par rapport à la vie, et a fortiori le comédien: "Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire? Interroger l'habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l'interrogeons ppas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s'il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s'il n'était porteur d'aucune information. ce n'est même plus du conditionnement, c'est de l'anesthésie. Nous dormons notre vie d'un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie? Où est notre corps? Où est notre espace? Comment parler de ces "choses communes", comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donneur un sens, une langue: qu'elles parlent enfin de ce qui est."
    568 comment | 26/02/2011

    I Know – BEAK

    http://www.youtube.com/watch?v=2ZusHRBeda8&NR=1
    550 comment | 26/02/2011

    http://www.youtube.com/watch?v=5j1nMp1kHPg
    335 comment | 25/02/2011

    http://vimeo.com/18027670 'I KNOW' réalisé par Yelena REMETIN, musique de David LYNCH. Venez découvrir l'univers de cette jeune réalisatrice, peintre et photographe : www.yelena-remetin.fr
    0 comment | 25/02/2011

    Epitre aux jeunes acteurs pour que soit rendue la parole a la parole

    Entre l'enfant qui prête serment L'ENFANT QUI PRÊTE SERMENT Je prendrai mon visage et je e déchirerai chaque fois qu'il me trahira. S'il faut mourir, j'en mourrai. Je frapperai à la porte avec tout ce qu'il me reste de force. Je ne laisserai pas l'esprit pleurer sous la cendre. Je serai le compagnon de tous ceux qui tombent. Quand la Parole se posera sur mes levres je fermerai les yeux. Je laisserai à toute effraction du possible mes projets d'avenir. Je sacrifierai ce qu'il faut sacrifier, je couperai joyeusement ma main droite et j'aurai la certitude qu'une nouvelle main viendra pousser sur le moignon. Je n'aurai plus pour maison que ma soif de sens. Je désignerai des poètes, je rendrai à mes frères le gout d'être poète, je créerai de nouveaux poétes, je ne laisserai pas mourir le théâtre je ne laisserai pas mourir le théâtre je ne laisserai pas mourir le théâtre EN TRAGÉDIE Pauvre exalté, crois tu que ces chemins existent encore? Ou, dis moi, renifles tu encore l'odeur des dieux enfuis? L'ENFANT QUI PRÊTE SERMENT J'ai entendu un camarade, il chantait d'une voix brutale, il chantait un chant nouveau dans la langue ancienne, je crois en lui. EN TRAGÉDIE C'est assez? L'ENFANT QUI PRÊTE SERMENT Oui. Nous sommes deux, nous sommes deux camarades et c'est assez pour que l'esprit vienne. EN TRAGÉDIE Ou est il ce camarade, il n'est pas avec toi? L'ENFANT QUI PRÊTE SERMENT Je l'ai entendu, mais j'ai perdu sa trace, laisse moi un printemps ou deux, je le retrouverai. olivier PY par Bachir...
    0 comment | 23/02/2011

    i want to be the president

    http://www.youtube.com/watch?v=8KQDdWgOq3M dirigé par Thomas Cazals ( intervenant cinéma au LFTP)
    368 comment | 22/02/2011

    Victor Hugo

    " Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre : par le grand et par le vrai.

    Le grand prend les masses, le vrai saisit l' individu."

    Avertissement - Marie Tudor

    602 comment | 22/02/2011

    le cirque Eloize.

    http://www.youtube.com/watch?v=rIBmJfGvdw0&feature=related du théâtre-cirqué...
    423 comment | 19/02/2011

    la famille semianiki

    http://www.youtube.com/watch?v=qxhzzkCD2uM « une idée du Clown » en référence au stage Clown traversée actuellement par les 2ème année.
    418 comment | 19/02/2011

    TheaterLicedei

    http://www.youtube.com/watch?v=XfKD4l6t3Og&feature=relmfu « une idée du Clown » en référence au stage Clown traversée actuellement par les 2ème année.
    495 comment | 19/02/2011

    Cahier d'un retour au pays natal  -  extraits Partir. Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes- panthères, je serais un homme-juif un homme-cafre un homme-hindou-de-Calcutta un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne un homme-juif un homme-pogrom un chiot un mendigot mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crâne de Hottentot? Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre. Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir et toi terre tendue terre saoule terre grand sexe levé vers le soleil terre grand délire de la mentule de Dieu terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans la bouche une touffe de cécropies terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre. Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ». Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai». Et je lui dirais encore : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. » Et venant je me dirais à moi-même : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... » Aimé Césaire ( 1913 - )
    333 comment | 17/02/2011

    http://www.dailymotion.com/video/xgxae3_stephane-hessel-et-ses-amis-a-la-colline_news créer c'est résister, résister c'est créer...
    276 comment | 15/02/2011

    VIVRE

    "O bonheur ! Bonheur !

    J'ai vu naître la vie, j'ai vu le mouvement commencer. Le sang de mes veines bat si fort qu'il va les rompre.

    J'ai envie de voler, de nager, d'aboyer, de beugler, de hurler.

    Je voudrais avoir des ailes, une carapace, une écorce, souffler de la fumée, porter une trompe, tordre mon corps, me diviser partout, être en tout, m'émaner avec les odeurs, me développer comme les plantes, couler comme l'eau, vibrer comme le son, briller comme la lumière, me blottir sur toutes les formes, pénétrer chaque atome, descendre jusqu'au fond de la matière,

    - être la matière !"

    La Tentation de St Antoine, Flaubert

    597 comment | 12/02/2011

    Tchekhov dixit

    " L'indifférence, ça n'est pas la sagesse. L'indifférence, c'est la paralysie de l'âme. "

    0 comment | 12/02/2011

    Jimmy

    http://www.dailymotion.com/video/x3co0t_moriarty-jimmy_news#from=embed
    571 comment | 11/02/2011

    Jan Fabre prend le pouvoir à Chaillot

    "On est unique quand on veut imiter les autres et qu'on n'y arrive pas." "Le temps est comme une pute, il couche avec tout le monde." Le Roi du plagiat, au Palais de Chaillot jusqu'au 11 Février
    370 comment | 02/02/2011

    FREAKS

    http://video.google.com/videoplay?docid=6355110065089064433#
    280 comment | 31/01/2011

    Féminité

    Les rayures de tes os me lacèrent le dos et j'entends dans ton coeur la douleur de tes mots, Je navigue à ta guise entre tes veines amples et ta robe de laine remonte vers tes jambes... Je suis peut-être ailleurs que dans le fond du ventre mais je viens dans ton coeur sauf quand tu me dis "entre", Je vois ton extérieur et j'assume les doutes que ton cerveau émet quand tu les fabriques toutes ; Toutes ces idées folles de mon idéal alors que je suis là dans ton corps et ce mal... Il n'est rien d'évidence il n'est que le sentir alors sens ma présence et je pourrais partir Partir loin de ta chair partir hors de ton corps, sortir de tes viscères et ton coeur qui me mord Il me mord de douleur et d'amour enlacés, alors que puis-je faire, sinon vouloir rester ? Tu m'emprises à l'inverse, et bien contre ton gré, j'attise la perverse et malheureuse idée Que tu m'aimes à travers l'envers et contre tout, même si le mal que j'ai te fait fuir à genoux A genoux devant moi, moi qui suis dedans toi, et toujours ta robe qui remonte à tes jambes... Prends tes jambes à ton cou, et mes pieds à ton coeur y étaleront leur boue pour te sertir de peur : Peur de ton abandon, qui donne à voir ton âme, délibérement nue et qui t'appelle "femme", Et encore cette robe montant jusqu'à tes jambes, moi qui navigue ample en ton réseau meurtri Qui devient un étau quand je m'immisce au ventre, peinée par ces organes atrophiés et pourris... Malgré cette prison que tu me crées violente, oui je les sens tes jambes et ta robe y compris, Et je porte toujours ta honte sur mon dos, ta honte de moi-même que tu jettes et flagelles Avec tes propres os. Et malgré leurs rayures qu'infligent mes blessures qui brûlent et s'amoncellent, Il n'y a même pas de sang entre cet interstice de ta robe à tes cuisses et je reste pourtant. Claire b.
    321 comment | 26/01/2011

    http://www.youtube.com/watch?v=dRyLLTvs00c
    528 comment | 24/01/2011

    L’acteur Heurté

    L'acteur s'asile L'acteur s'exile L'acteur s'exhibe L'acteur s'exécute L'acteur est un fou exilé exhibitionniste pendu. Pendu à ses propres lèvres. Ses propres lèvres, ses propres mains, son propre plexus. Pendu à ses tripes. Tripes-cordes. Trouver la plasticité de la corde de son corps plein de plexipores. Pendu à ses tripes porées qui le nourrissent. L'acteur se nourrit de lui-même à en crever ...Mais c'est qui lui-même ? Mais c'est quoi lui-même ? Peu importe, peut-être... Ce qu'on veut, c'est assister à son dépouillement invisible indicible. Il se dépouille, on puise, on l'épuise... Et lui que puise-t-il ? Que peut-il ? Il se corporise. S'incorpore le texte par tous les pores de son corps. Ca vibre pour éclore. Ou se retenir d'éclore. Mais ça éclate tôt ou tard. Ca éclate écarlate alors. Pour ensuite terriblement se clore... Mais l'acteur qui sort de son œuf se clôture, c'est terrifiant. Il s'encoquille, se carporise (se muette en carpe). Où est la danse ? Où est l'intense ? Il faudrait que ça craque ; jetez-le en haut d'une crique : S'il court à reculons il dérape et meurt. S'il saute il crève. Il crève l'abcès le cocon de sa coquille et souffle enfin dans ce coquillage ! Et le saut c'est là, la danse. Et la chute c'est là, l'intense. claire bluteau
    0 comment | 23/01/2011

    Cindy, The Doll is mine

    http://www.dailymotion.com/video/x3xdmg_cindy-the-doll-is-mine-by-bertrand_shortfilms
    468 comment | 16/01/2011

    Can I Say

    "The head is full The man say “we” I’am so cruel The corpse empty I can’t say love I can’t say feel I just say “Bye” I can say kick I can say fuck I just say “shit” I am so strayed You are so bright You give me light I give you dark I can say sad I can say lost I’m not so glad I can’t be more I can’t do that I’m just so lost And just say “why” I don’t have strength And no more wit I don’t have heart But just pain in." (Lien Chant = Can i say) Mages Coraline
    456 comment | 15/01/2011

    Intérieur Extérieur

    "Une vie, une vue, vaut bien le coup d’être vécue. Je me déguise et n’pense pas être reconnue. Et je me trompe comme d’habitude. Car j’me cache et m’crash derrière cette image.  Oui, mon dedans est tout pourri, à la poubelle je dois tout mettre.  C’est trop facile car j’crèche ici. J’ai pas choisi mais c’est tant pi.  Mon corps est vide et plein d’oubli, mais là où je suis ça on le fuit. Les mots qu’on pense qu’on ne dit pas, ceux qui frôlent l’odeur du caca.  Je suis pourrie et bien tant pi, quelle importance je suis outrance. Je vous emmerde vous l’existence, celle qui détruit ma différence.  C’est trop facile car j’crèche ici, j’ai pas choisi mais c’est tant pi. Mon corps est vide et plein d’oubli, mais là où je suis ça on le fuit. Les mots qu’on pense qu’on ne dit pas, ceux qui frôlent l’odeur du caca.  Mais ce n’est bien sûr qu’un début, imbue de soi et puis perdue. Oui à la fois tout est possible, car écoutez j’vous pisse au cul." Mages Coraline
    355 comment | 15/01/2011

    Delirio

    Le corps est dense. Le corps est danse. Le corps est dans sa danse. Le corps aidant, ça danse...
    0 comment | 14/01/2011

    2 : Le droit au caché

    "Il y a menace sur l'intime. Le territoire de l'intime pourrait se définir simplement : c'est la possibilité du caché. Qu'il y ait, face au monde, un lieu du sujet, un lieu qui soit son lieu, où il puisse se soustraire au regard de l'Autre, à sa volonté de transparence, c'est-à-dire à sa volonté de réduire l'homme à une chose, livré entièrement dans sa vérité à son regard extralucide. L'intime est le lieu où l'homme ne serait pas cet être diaphane. Un lieu aussi où le sujet hors de tout regard peut se regarder lui-même. Tel est le cœur double de l'intime : pouvoir se soustraire au regard omnivoyant, et se regarder soi-même. Seulement cela ne signifie en rien que dans le secret de sa chambre, le sujet soit transparent à lui-même. C'est au contraire son opacité qu'il découvre. Autrement dit, qu'il ne se réduit pas à son intimité. [...] Le désir de transparence qui raisonne aujourd'hui le monde se réalise en volonté d'extorquer l'intime, d'arracher sa vérité au sujet. C'est-à-dire que c'est non seulement une violence, mais une illusion. Dangereuse. Au regard de quoi le sujet n'a à lui opposer que son droit au caché. Un droit non écrit, qui n'est pas simplement de cacher la vérité, mais de cacher aussi qu'il ne sait rien de cette vérité. [...] Que l'ombre reste dans l'ombre, c'est le droit des sujets. Il est d'autant plus nécessaire de le proclamer qu'il est plus que menacé, mais directement attaqué. Sous les impératifs de la transparence, les territoires de l'intime tendent chaque jour à se réduire un peu plus, leurs frontières à s'estomper." extrait de L'Oeil absolu, G. Wajcman
    564 comment | 14/01/2011

    1 : Qui es-tu ?

    "Qui es-tu ? celui qui a vu le diable, qui es-tu ? j'essaie de le dire : je rentrais une nuit par le grand jardin avec le sac d'école sur le dos, je vis un homme sous le réverbère le dos tourné, je m'approchais de lui, il tourna la tête seulement la tête, il avait la peau rose et pelée et des yeux bleus, j'ai lâché mon sac et je me suis sauvé en courant jusqu'à la maison, j'essayais de le dire ; qui es-tu ? une idée met le temps que met une fourmi à marcher des pieds jusqu'aux cheveux pour me venir jusqu'à l'esprit mais j'essaie de le dire : une nuit mon père se leva comme il se levait pour mes frères lorsqu'ils  toussaient et tremblaient de fièvre et je ne toussais pas et je n'avais pas de fièvre mais il m'a regardé, le matin il demanda aux femmes qu'elle ne me coiffent plus comme elle coiffaient mes frères ni qu'elles ne me nourrissent plus et que je n'habite plus sous le même toit que mes frères ; puis il m'arracha mon nom et le jeta dans l'eau de la rivière avec les ordures, j'essaie de le dire ; des enfants naissent sans couleur nés pour l'ombre et les cachettes avec les cheveux blancs et la peau blanche et les yeux sans couleur, condamnés à courir de l'ombre d'un arbre à l'ombre d'un autre arbre et à midi lorsque le soleil n'épargne aucune partie de la terre à s'enfouir dans le sable ; à eux leur destinée bat le tambour comme la lèpre fait sonner les clochettes et le monde s'en accommode ; à d'autres, une bête, logée en leur cœur, reste secrète et ne parle que lorsque règne le silence autour d'eux ; c'est la bête paresseuse qui s'étire lorsque tout le monde dort, et se met à mordiller l'oreille de l'homme pour qu'il se souvienne d'elle ; mais plus je le dis plus je le cache, c'est pourquoi je n'essaierai plus, ne me demande plus qui je suis. " extrait de Quai Ouest, Koltès
    473 comment | 14/01/2011

    En est-il du Théâtre comme de l’Amour ?

    "Une plainte d'amour.

    Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes.

    Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l'Autre.

    Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire.

    Courir vers les murs, s'y jeter s'y heurter. S'effondrer et se relever. Reproduire se qu'on a vu.

    S'en tenir à des modèles. Vouloir devenir un.

    Être dépris. S'enlacer. He is gone.

    Avec les yeux fermés. Aller vers l'autre. Se sentir. Danser.

    Vouloir blesser. Protéger.

    Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l'espace.

    Aimer." extrait d'Histoire de théâtre dansé, R. HOGHE / U. WEISS

    578 comment | 14/01/2011

    RETURN AS AN ANIMAL

    http://www.youtube.com/watch?v=YJbl8vbRkEI&feature=player_embedded
    589 comment | 14/01/2011

    Meat Love

    http://www.youtube.com/watch?v=UQkWrZw05P4
    0 comment | 09/01/2011

    Un Chien Andalou Part1 – Buñuel

    “Au lieu d’expliquer les images, on ferait mieux de les accepter comme elles sont.” Buñuel (Il est interdit de se pencher au-dedans)
    0 comment | 01/01/2011

    Cadavrexquis

    Le grand nulle part

    C’est le hasard

    A cause d’la nuit,

    Gérard s’enfuit...

    Les fourmis, les junkies,

    De son venin, l'asphyxient.

    L’oeil dans le ciel,

    Gérard contemple,

    Une ombre, une aile,

    Qu’importe l’exemple.

    La route, Gérard la cherche,

    La route à 99 francs...

    Comme lui a dit sa maman.

    “ Sattori à Paris et Docteur Sax te l’ont promis.”

    Mais Gérard cherche la route

    Pas besoin d’eux.

    Pas besoin d’air, rien ne lui coûte,

    Sauf l’atmosphère.

    S’il cherche la route, Gérard la trouve,

    Dans une écaille, dans une entaille.

    Dans ses entrailles Gérard se l’ouvre.

    Tout se libère.

    Les fleurs bleues,

    Les souterrains, Les anges vagabonds.

    Et les eux et les uns ne font alors qu’un bond.

    Dessin et texte de ma main.

    0 comment | 01/01/2011

    0 comment | 01/01/2011

    Woven Hand

    http://www.youtube.com/watch?v=HI85ymnBIJk&feature=player_embedded
    0 comment | 01/01/2011

    ROUSSEAU, LES CONFESSIONS, livre I

    Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : " Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables ; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : " Je fus meilleur que cet homme-là. "

    586 comment | 05/12/2010

    Peter Handke

    ... Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation, mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse toi distraire. Mets toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fous toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis." ............
    512 comment | 05/12/2010

    Klaus Nomi

    http://www.youtube.com/watch?v=C_A6IR58Htg&feature=player_embedded
    588 comment | 05/12/2010

    Louis de Funès

    http://www.youtube.com/watch?v=EdS6ajToqQ0&feature=player_embedded
    378 comment | 05/12/2010